[PARENTALITÉ] Gérer une crise de son enfant liée à la frustration

Je vous explique le propos. Un matin, votre mini de 4 ans et demi vous réclame de mettre son t-shirt préféré « Minnie et Mickey ». Sauf que, pas de bol, il est en train de tourner dans le lave-linge… Vous ne pouvez évidemment pas interrompre votre cycle de lavage pour récupérer le précieux vêtement et l’enfiler à votre enfant. Vous essayer de lui expliquer qu’il vous est impossible de le sortir de la machine pour le moment en lui promettant de lui faire porter d’ici un jour ou deux, dès que ce dernier sera propre et sec. Le petit ne l’entend pas de cette façon. Il est frustré. Il laisse donc sa colère et sa tristesse éclater. ET tout ce que vous lui dites pour le rassurer et/ou le consoler ne semble pas l’apaiser.

MALAISE.

Alors, impuissant(e) devant la crise de votre enfant, vous perdez patience et donc :
– vous le sermonnez,
– vous le mettez au coin,
– vous laissez tomber la discussion et vous choisissez de l’ignorer…

Bref, vous tentez désespérément de mettre fin à cette crise en minimisant la cause et les effets du manque de votre petit. Le hic, c’est que cela ne marche pas et ne fait qu’augmenter la détresse du mini.

Pourquoi ?

Parce que vous répondez de manière « rationnelle » à un enfant qui vous parle de manière « émotionnelle ». Vous expliquez la situation avec tout le recul d’un cerveau adulte (avec des fonctions cognitives développées, capable de raisonner, de prendre du recul) à un cerveau immature (le cerveau limbique) dont les émotions sont prédominantes à ce stade. En bref, vous ne parlez pas le même langage et l’enfant ne peut donc pas vous comprendre. En plus, vous augmentez son niveau de stress en le grondant, en le mettant à l’écart ou en l’ignorant ce qui a pour effet non seulement d’inhiber la maturation de son cerveau supérieur (siège de la raison) mais de mobiliser aussi majoritairement les circuits inférieurs du cerveau (siège de l’instinct de conservation).

cerveau

Pour mémoire : le cerveau limbique prédomine entre l’âge de 2 et 7 ans.

Alors tout ça est très joli quand on l’a compris. Mais comment fait-on pour apaiser un enfant en crise sachant qu’on ne pourra pas satisfaire sa demande et que toute tentative d’explication rationnelle restera infructueuse ?

Mon conjoint et moi avons testé une méthode efficace, à plusieurs reprises, que je souhaite aujourd’hui partager avec vous. Evidemment nous n’avons rien inventé. Nous avons juste appliqué une technique parmi d’autres proposées dans le cadre de l’éducation bienveillante. Et cette méthode « magique » consiste donc à projeter la demande de votre enfant dans un imaginaire plus attractif ou plus séduisant.

Qué-quoi-ça ? LOL ! Je vais vous raconter une anecdote dans laquelle nous avons mis en application cette fameuse technique. Cela vous permettra de mieux comprendre le principe.

Après une soirée de fête organisée à l’appartement, nous avions rangé quelques restes au frigo pour les terminer plus tard. Nous voilà donc, le lendemain, en train de préparer un apéritif-dînatoire pour nous trois (le père, le fils et moi) avec un peu de tzatziki, de tapenade et des petits blinis. Notre titi raffole de ces dînettes improvisées et tout particulièrement des « petits ronds » (les blinis) qu’il dévore avec délectation. Mais voilà qu’il décide de faire une pause en plein milieu de notre apéro pour aller jouer dans sa chambre. Et quand il revient enfin réclamer un dernier petit blini, il n’en reste plus, son père et moi avons tout fini. DRAME.

=> 1er réflexe : l’explication rationnelle

Le père tente d’expliquer à notre fils que lorsque l’on quitte « la table » cela laisse supposer que l’on a terminé de manger et que nous laissons ce qui reste aux autres attablés. Il essaie de rassurer notre titi en lui promettant d’en racheter plus tard (ah non pas ce soir !). Il ajoute également que pour éviter tout malentendu, à l’avenir, notre fils devra nous dire quand il a terminé ou s’il souhaite qu’on lui garde des blinis de côté.

Résultat : Pleurs incessants et désespérés. L’enfant est inconsolable. Il est impossible de le raisonner…et pour cause, un cerveau rationnel parle un cerveau émotionnel ! Coucou l’incohérence !

=> 2nd réflexe : la projection du désir dans un imaginaire plus séduisant

Je rebondis sur l’idée d’en racheter plus tard en proposant au fiston chéri de trouver des blinis plus grands ! Mais des ronds vraiment plus grands !! Du genre grands comme notre table basse… Des blinis qu’on serait obligé de porter à deux pour les manger (et je fais mine de porter notre table basse avec effort pour la croquer). J’explique au petit qu’on devra peut-être même plier en deux l’immense blini pour mieux le manger. Je mime également un immense couteau en train de tartiner le rond géant de tzatziki. Je feins également l’inquiétude de ne pas pouvoir le faire tenir dans notre caddie au supermarché et le doute qu’il rentre dans notre ascenseur…

Résultat : Le quatrans et demi a cessé de pleurer. Il rigole un peu, propose des solutions pour rapporter ce blini à la maison, il s’inquiète aussi et sautille de joie à l’idée de trouver un blini aussi grand.

L’imaginaire a pris le pas. La demande initiale est devenue beaucoup moins intéressante que l’idée de trouver cet immense blini. La crise est finie.

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Alors je vous vois venir avec une réaction tout à fait rationnelle, digne d’un cerveau cognitif d’adulte. Vous allez me dire que c’est « mentir » à l’enfant que de lui proposer une alternative impossible à concrétiser. Et bien non ce n’est pas mentir. C’est proposer à l’enfant une solution qui va d’une part l’apaiser et d’autre part l’aider à développer ses fonctions cognitives (rationnelles) en allant par lui même découvrir les différentes sortes de ronds proposés dans le commerce. Nous avons en effet regardé et trouvé dans le rayon concerné du supermarché des blinis plus grands et tout aussi appétissants ! C’était marrant et très intéressant pour mon enfant de constater qu’il en existe bien des plus grands même s’ils ne sont pas immenses comme on avait imaginé en trouver.

Vous avez pigé ?

Voilà comment nous avons appris à apaiser une crise liée à une demande que nous ne pouvions pas satisfaire. Voilà comment mon titi a obtenu une réponse qui parle à son cerveau émotionnel et qui l’aide à se calmer.

Si vous avez des méthodes toutes aussi bienveillantes et efficaces, n’hésitez pas à les partager. Si vous souhaitez commenter, allez-y c’est permis !

Sinon, pour aller plus loin dans la compréhension et l’accompagnement des enfants dans la gestion de leurs émotions, je vous recommande deux ouvrages très intéressants :

Le fameux « J’ai tout essayé ! » d’Isabelle Filliozat aux éditions JC Lattès. Une référence dans la parentalité notamment pour bien comprendre les émotions des plus petits (de 1 à 5 ans).

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« Le petit décodeur illustré de l’enfant en crise » de Anne-Claire Kleindienst paru aux « éditions Mango. Un livre élaboré pour les enfants hypersensibles (avec ou sans HPI, TDAH, TSA, DYS, etc.), mais qui fonctionne aussi pour tous les autres enfants. Un ouvrage que je trouve particulièrement intéressant car fondé sur l’intelligence émotionnelle (terrain de référence dans le développement personnel la capacité de croissance, de résistance, d’adaptabilité et d’épanouissement personnels).

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Et je vous rassure, encore une fois le but ne consiste pas à culpabiliser qui que ce soit (je râle bien des fois sur mon titi, ne vous en faîtes pas !). Il s’agit plutôt de partager un bon tuyau et d’essayer d’avancer le plus sereinement possible dans l’éducation de nos enfants. 😉

Je vous embrasse,

A bientôt.

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[PARENTALITÉ] Cette maman là…

Je me souviens d’un jour, dans la cour de récréation de mon ancienne école élémentaire, où je discutais avec mes copines de nos rêves, nos désirs, nos ambitions pour l’avenir. Chacune de nous avait alors évoqué le souhait de devenir maman. Chacune de nous avait même abordé l’idée d’avoir au moins deux enfants. Nous étions alors très jeunes mais déjà pleines de certitudes. Enfin… toutes mes copines, sauf moi.

En vérité, j’avais le même désir qu’elles mais le doute immense d’y parvenir un jour. D’avoir la possibilité de fonder une famille, de connaître ce sentiment inouï, cette avalanche de bonheur, cet état de plénitude intense… Je n’étais pas du tout confiante. Non. J’avais même peur que jamais ne vienne mon heure d’être maman. C’est fou n’est-ce-pas ? Si jeune et déjà si incertaine… Et pourtant, je l’étais. Je me voyais alors plutôt très impliquée dans mon boulot avec de grandes responsabilités. Je me voyais mener une carrière brillante et être très respectée. Ça, je n’en ai jamais douté.

Et puis, mon chemin s’est petit à petit tracé. J’ai beaucoup travaillé, je me suis énormément impliquée. J’étais passionnée par mon métier, la publicité. Et puis, j’ai progressé. On m’a confié des postes clés. J’étais galvanisée, mes succès me nourrissaient. Et je crois bien avec du recul qu’il n’y a pas une personne dans mon entourage pro ou perso qui ne croyait pas en ma capacité à réussir. Tous y compris moi pensions que ma carrière était tracée. Et que j’allais tout déchirer.

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En réalité, plus j’avançais, plus j’avais l’impression de m’éloigner du rêve que j’avais un jour effleuré dans mon esprit. Celui de fonder une famille. Et plus, ce rêve prenait de la distance avec mon présent, plus il devenait important. Plus je voulais avoir cette chance de devenir maman.

Et puis, il y a eu cette rencontre avec mon mari. Cette alchimie, cette véritable envie. Nous avons mis en route notre petit bout chéri. Cet être qui a littéralement bouleversé ma vie. Et avec lui le plus grand défi que j’allais devoir relever. Celui de devenir mère. Celui pour lequel je n’ai jamais eu de certitudes, au contraire de ma carrière. Celui pour lequel je me sens chaque jour un peu comme une pionnière.

Devenir mère.

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Certaines vous parleront de fibre maternelle, d’instinct ou de vocation. Pour ma part, il en a été tout autrement. Il y a eu plutôt deux rencontres. Celle avec mon fils et celle avec moi-même en tant que « jeune » maman. Et c’est donc au milieu de ces deux terres inconnues, que je navigue aujourd’hui avec une certaine appréhension mais aussi beaucoup, plein, infiniment de satisfaction. Un bonheur tellement immense, et puis TOUT cet amour, que je voudrais en profiter toujours.

Alors, j’ai levé le pied. J’ai choisi de repenser ma manière de travailler et de me consacrer le plus possible à mon petit garçon. J’ai choisi de vivre ma maternité à fond.

Et je suis devenue cette maman là. Celle que j’ai créée et qui continue d’évoluer. Celle qui adore partager, sans juger. Celle qui respecte les choix des autres autant que ceux qu’elle a elle-même effectués. Celle qui ne savait pas si elle y arriverait un jour et qui a finalement réussi le plus beau, le plus grand mais le moins sûr des rêves de sa vie : être une maman qui s’apprend, qui profite et qui aime… pleinement.

Une maman.

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Alors, à toi ma copine. Je sais que tu SERAS une magnifique maman parce que ce sera justement celle que tu auras choisi de créer au milieu de tes propres terres inconnues. Peu importe quand tu te sentiras vulnérable, pleine de doutes, quand tu auras peur ou même quand tu te tromperas parfois. Tu apprendras sur rikiki et sur toi et personne d’autre ne saura mieux être la maman de ce petit bout là.

Mille baisers à toi et tendres pensées à toutes les futures mamans.

< « Il n’y a aucune recette pour devenir une mère parfaite, mais il y a mille et une façons d’être une bonne mère. » Jill Churchill >

À chacune sa manière. ❤

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[ÉDUCATION] Bien se construire.

Je souris car vous allez sûrement vous dire « encore ? ». En effet, je crois avoir encore des choses à dire sur l’importance de bien poser les fondations chez nos enfants pour les aider à bien se construire, être heureux, épanouis et pleinement eux.

Comme vous avez dû le lire précédemment sur mon blog, dans ma vie, j’ai suivi deux thérapies avec deux excellents psy à double casquette : un psychiatre-psychanaliste et un psychiatre-psychothérapeute. En l’occurence du lourd, du solide, de l’indestructible.

Et c’est grâce à eux, et à mon travail personnel aussi [autosatisfaction oblige] que j’ai appris beaucoup, beaucoup, beaucoup sur moi-même, sur les autres et la manière de bien se construire. Si ça vous intéresse, je vais partager avec vous mon constat et vous pourrez ensuite réagir dans les commentaires.

Tout d’abord, je vais vous raconter comment je me suis rendue compte que je devais peut-être aller consulter. Il y a de cela quelques années [presque 10 ans en arrière], j’étais en pleine déroute sentimentale. Ma relation venait de voler en éclats alors que je portais encore le deuil de mon papa tant adoré [décédé 1 an plus tôt] et je ne parvenais plus à me porter. Mes jambes flanchaient littéralement quand je devais me lever et j’avais du mal à respirer. C’est alors qu’un collègue de travail [Mister A. qui se reconnaîtra peut-être] m’avait gentiment fait remarquer que « je ne pensais pas de la bonne manière ». Le considérant comme un « sage » et parce que j’avais aussi beaucoup d’admiration pour lui, j’ai accepté qu’il m’explique ce que cela voulait dire. Et alors que je l’écoutais attentivement, réalisant la justesse, l’évidence, la simplicité de son propos, je rentrais ensuite chez moi apaisée et j’allais me coucher. Mais voilà que le lendemain, au réveil, il me fut impossible de me rappeler le contenu de nos échanges hormis la sensation agréable que cela m’avait procuré.

Pourquoi ?
Parce que j’étais tout simplement incapable d’INTÉGRER ce qu’il m’avait expliqué. Je pouvais l’entendre, comprendre que cela était juste et sensé, mais au fond de moi, la brique qu’il m’avait tendue ne trouvait pas sa place. Un peu comme une pièce de puzzle, tangible, avec une certaine forme, une épaisseur particulière, mais qui ne rentrait pas dans mes cases. Et j’ai donc commencé ma difficile mais ô combien salutaire thérapie, sentant que le problème venait de MES cases, et donc de moi.

Alors pour que tout soit bien clair, je vais aussi vous livrer le fond de ma pensée sur la thérapie : NON, la plupart des personnes qui consultent des psy ne sont pas « folles ». Elles ont un soucis, un problème, elles sont déprimées, en colère, elles souffrent intérieurement et parfois aussi physiquement. Et parce qu’elles ont « mal », elles décident COURAGEUSEMENT d’aller consulter un psy. Oui, courageusement ! Parce qu’il en faut du courage pour admettre que le problème vient de soi et d’accepter de « travailler » sur soi.

Et voilà donc ce que j’ai compris de MA thérapie.

Chaque être humain depuis le jour de sa naissance jusqu’à l’âge adulte se construit un peu comme une maison :
– Il y a bien sûr les fondations [celles que l’on crée dans l’enfance], les structures sur lesquelles vont reposer tout le reste.
– Ensuite, pendant l’adolescence, on monte le sol, les murs, le toît.
– Au début de l’âge adulte, on s’attaque à la plomberie et l’électricité.
– Puis à l’âge adulte, on pose le papier peint, le mobilier, la déco, etc.
Alors bien sûr, c’est MA propre vision. Mais cette analogie va vous permettre de comprendre les choses telles que je les vois aujourd’hui.

Quand un adulte va mal, quand il ne parvient pas à être « heureux » comme il le voudrait, c’est comme si, malgré tous ses efforts de « déco » dans sa maison, rien ne tenait. C’est comme si des fissures apparaissaient sans cesse et que le papier peint se décollait. Alors, au début, on traite le problème en surface, on rebouche les fissures en mettant de l’enduit. On est content de soi, on se dit que le problème est réglé. Qu’on va pouvoir avancer. Et puis, d’autres fissures commencent à apparaître, et puis des infiltrations, des problèmes de moisissures… Et quoi qu’on entreprenne en surface, quelque soit l’énergie déployée pour y rémédier, les soucis reviennent encore et toujours. De toute évidence, le problème vient d’ailleurs. Il y a probablement un défaut de structure.

Et c’est là que c’est dur. Et c’est là, que l’on va devoir s’armer de courage pour admettre qu’il y a quelque chose qui cloche dans les fondations, qu’il va falloir descendre au sous-sol et chercher l’origine du problème tout au fond. Clairement, ça fait suer. Parce qu’on a tellement investi tout au-dessus pendant tant d’années, que c’est DUR d’accepter de laisser tomber ce bâtiment, cette déco, ces murs qu’on a construits et avec lesquels on a vécu tout ce temps [certains resteront même dans le déni, ils feront de la résistance accusant par exemple « l’enduit d’être mauvaise qualité »]. C’est très dur de LÂCHER PRISE. Et pourtant, c’est la seule manière de sortir des « problèmes ». La seule qui va nous permettre d’affronter le problème en face, de « corriger » le soucis et d’avancer. C’est ce que j’appelle le CONSTAT D’ÉCHEC. On réalise alors qu’on s’est construit sur des fondations « bancales » auxquelles on s’est en plus accroché. Des bases qu’on a subi étant enfant parce que nous étions impuissants et tellement dépendants. Des bases qu’ON N’EST PLUS OBLIGÉ de subir désormais, en tant qu’adultes parce que nous sommes devenus indépendants, capables de choisir, de se défendre et d’agir.

Alors, on fait face aux défauts de structure puis on décide d’évacuer le problème… parfois plus vite qu’on l’aurait pensé [on est adulte, on a les outils pour agir]. Et puis, on commence à SE RECONSTRUIRE sur des nouvelles bases plus saines, plus stables, plus confortables. On s’affirme, on ose, on s’impose. Quand j’ai fait mon constat d’échec, je pensais qu’il me faudrait toute une vie pour tout reconstruire. En fait, non. C’est allé très vite, je trouve. J’ai en tête l’image de tas de trucs que j’ai poussés du pied sous mon lit pendant des années, pour ne pas les voir, ne pas les assumer Et qui ont fini par déborder. Et puis, d’un coup, j’ai eu le déclic. J’ai alors décidé de commencer à regarder sous mon lit, de prendre chacun des trucs que j’avais planqués là, pour enfin les ranger. Et ça va vite. Un truc après l’autre, je sais où je vais les ranger. Ça ne m’ennuie plus de les regarder, de les trier, d’en jeter quelques-uns [mais oui allez, tant pis] ou de les archiver.

Mais revenons-en à MA maison. Elle n’est alors peut-être pas parfaite pour les autres mais pour moi elle est idéale car elle me plaît, elle me correspond et surtout ELLE TIENT BON. J’ai enfin lâché prise sur tout ce que je croyais être immuable [la peur, la colère, les complexes, et j’en passe]. J’ai laissé tomber mes chaînes. Je me respecte davantage, je sais prendre du recul et je ne prends plus l’agressivité des autres personnellement car je sais que le problème ne vient pas de moi. J’ai compris qu’eux aussi ont des fissures, qu’eux seuls peuvent et doivent régler [pas avec de l’enduit hein ! Vous m’avez comprise].

Voilà mon constat. Voilà comment je peux désormais intégrer toutes les briques de bienveillance que l’on me tend. Voilà comment j’ai pu, a posteri, intégrer celle de mon grand ami, Mister A. Et voila comment je peux aussi maintenant en partager à mon tour.

Une personne de mon entourage m’a demandé un jour pourquoi je ne m’étais pas fâchée après une autre personne qui avait eu un comportement déplacé vis-à-vis de mon enfant alors âgé de 3 ans. Parce que je n’ai plus de colère au fond de moi, je n’ai pas envie de jouer ce jeu là. Ça ne sert à rien. En revanche, je préfère prendre de la distance parce que la personne en question, ses fissures, génèrent trop d’éclaboussures. Voilà pourquoi.

Voilà MON expérience de la thérapie. Voilà de quelle manière je me suis restructurée. Et voilà aussi pourquoi, je prendrai toujours la défense de mon petit, DES petits. Attention, aux cartes que nous leur donnons. Attention, aux fondations. C’est ce qui va influencer en grande partie tout le reste de leur existence. Et c’est aussi pour cette raison que certaines familles continuent de se transmettre tout un tas de casseroles, de génération en génération, sans le vouloir, parfois sans le savoir, ou sans avoir la possibilité de faire autrement sinon que d’aller consulter un thérapeute pour « briser » cette boucle infernale.

J’espère que mon témoignage vous aura plu ou peut-être servi. Et j’en profite pour remercier aussi mes psy, mes Guides, SANS lesquels je n’aurais pas réussi.

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Voilà c’est fini.
Je vous souhaite à tous un bon vendredi et un bon week-end aussi.

Que tu lui donnes un crayon et l’enfant bâtit sa maison. Claude Nougaro >

NB : Oui je sais je l’ai déjà reprise cette citation… mais je la trouve si belle et si juste que je la partage à nouveau.

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[ÉDUCATION] Coller des étiquettes aux enfants

Voilà un sujet que je voulais aborder depuis un petit moment déjà. D’une part, parce que mon petit garçon de 4 ans en a fait les frais mais aussi parce qu’il n’est pas le seul et que beaucoup d’enfants sont étiquetés très tôt par les parents, l’entourage, les amis, les enseignants, etc. Coller des étiquettes aux enfants. Une démarche qui peut sembler anodine pour certains, évidente pour d’autres ou encore naturelle, mais qui ne laisse aucune chance à l’enfant d’évoluer dans le bon sens [j’entends par là, dans le sens qui est le sien pour donner le meilleur de lui-même] et d’être apprécié pour lui et respecté pour ses qualités.

Je sais que je n’ai pas de légitimité médicale pour aborder le sujet [je ne suis ni docteur, ni psychologue]. En revanche, j’ai presque 40 ans, je suis maman, j’ai observé et analysé les comportements des gens toute ma carrière professionnelle [j’ai travaillé 20 ans dans la publicité et j’ai appris à comprendre les motivations qui dictent les comportements], j’ai écouté et appris beaucoup de l’expérience de mes ami(e)s [mamans bien avant moi ou professionnelles de l’éducation et de la petite enfance], j’ai suivi deux thérapies avec deux excellents psy [qui m’ont permis d’effectuer mon propre constat d’échec afin de me repositionner pour mieux avancer, et de comprendre que l’essentiel pour bien se construire se joue dans l’enfance], j’ai énormément lu et j’ai participé à tellement de conférences dans le cadre professionnel ou privé, que je pense avoir le droit de m’exprimer aujourd’hui sur le sujet et de poser mes propres constats.

Un enfant ne vient pas au monde en étant « mauvais » ou « nul ». C’est le jugement des autres qui le qualifie [étiquette] en tant que tel et selon des échelles de valeur bien différentes en fonction des personnes. Certains trouveront qu’un enfant qui tape, qui est nerveux, qui est agité, qui fait des bêtises, qui n’a pas de bonnes notes à l’école, n’a aucune excuse alors que d’autres y verront là une étape un peu difficile à passer, ou encore ce qui me semble être la SEULE vision acceptable, un enfant qui traverse peut-être des difficultés et qui compense pour décharger.

Dans deux billets précédents, nous avons vu comment se développe le cerveau d’un enfant [voici mon dernier billet pour mémoire]. Aujourd’hui donc et grâce aux inconstables découvertes en matière de neuro-sciences, on est en mesure d’affirmer qu’un jeune enfant [jusqu’à l’âge de 7 ans en moyenne] est majoritairement dominé par son instinct de conservation et ses émotions. Sa capacité à raisonner [à prendre du recul, à différencier le bien du mal, à réfléchir à la portée de ses actes] n’est pas encore suffisament développée. C’est en cours, ça progresse, mais il faut bien se rappeler que si Rome ne s’est pas fait en 1 jour, un adulte non plus. Le processus est long et le fruit de l’éducation que nous donnerons à nos enfants, de leurs propres expériences et aussi du contact avec les autres dans leur environnement [les influenceurs].

Ceci m’amène donc aujourd’hui à poser ces quatre questions :
1. Pourquoi coller des étiquettes aux enfants ?
2. De quel droit ?
3. Selon quel critère ?
4. Dans quel but ?

Dans la dernière conférence en matière d’éducation à laquelle j’ai assisté, l’orateur, Victoire Dégez, a relaté une anecdote de sa propre expérience en tant que parent pour démontrer qu’il n’y a pas de bons ou mauvais éléments. Deux de ses filles avaient, en effet, décidé de pratiquer le chant. L’une des deux, la plus jeune, manifestait un don naturel fort appréciable pour cette discipline qui la donnait alors « gagnante » en comparaison de sa soeur aînée qui semblait moins douée. Le temps passant, et la pratique régulière du chant par la soeur aînée ont fait qu’aujourd’hui, elle continue de chanter de manière admirable alors que sa jeune soeur qui semblait mieux prédisposée à bien chanter, n’a pas travaillé son don et a donc laissé tomber.

Rien n’est écrit d’avance à condition qu’on cesse de juger les enfants, qu’on leur laisse une chance d’évoluer dans leur sens, le bon sens, et de pouvoir ainsi donner le meilleur d’eux.

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Un enfant croit ce que lui dit un adulte. Si ce dernier l’accuse de n’être pas doué, d’être méchant ou bon à rien, alors il y a une forte probabilité pour qu’il le devienne. On appelle cela les prédictions négatives ou, dans un autre genre, l’impuissance apprise [par ici la vidéo qui le prouve]. L’enfant perd confiance en lui, ou plus grave, il perd toute estime de lui. J’ai lu quelque part, qu’un enfant jugé par ses parents ou tout autre référant dans son environnement, continuera d’aimer et d’avoir confiance dans ces personnes. En revanche, il cessera de s’aimer lui-même.

Il n’y a donc pas de « méchants » enfants ou d’enfants « nuls », il n’y a pas non plus d’enfants « meilleurs » ou « plus doués » que les autres. Ce n’est pas vrai. Il y a des adultes, des référants, des guides coincés dans de fausses certitudes ou de mauvaises habitudes qui portent des jugements. Des personnes qui se trompent et qui parasitent ou nuisent, parfois malgré elles, à la construction affective et scolaire des enfants. Nous sommes responsables du devenir de nos enfants. Nous les accompagnons toute leur vie dans leur développement.

C’est à nous de progresser, de changer notre manière de voir et de considérer. L’indulgence, l’empathie et la bienveillance sont des éléments clés. Ce sont ces outils là qui nous permettront d’amener nos enfants [pas uniquement les nôtres mais ceux des autres aussi] à devenir de belles personnes, heureuses, confiantes en leur capacité à bien faire et à avancer « du bon pied ».

J’espère ne pas avoir culpabilisé qui que ce soit en écrivant ce billet. Au contraire, si j’ai pu déclencher une prise de conscience ou avoir éveillé un quelconque intérêt, je serai heureuse. Pour vous et pour nos enfants.

Et pour ceux parmi vous qui n’auraient pas été bien accompagnés dans l’enfance, je vous donne un petit truc appris chez l’un de mes psy pour vous aider à reprendre confiance. Il suffit de visualiser une pyramide de coupes de champagne [comme dans les mariages, c’est bien ça !] Quand on remplit celle du haut, par débordement, elle finit par remplir celles du milieu et celles du bas. Vous êtes d’accord ? Et bien pour retrouver de la sérénité,  il faut :

  • remplir d’abord la coupe de l’affirmation de soi (celle du haut). Autrement dit osez vous affirmer, vous poser là et dire ce qui vous convient ou pas même si cela ne plaît pas. Il ne sert à rien de vouloir plaire au détriment de soi. On ne peut plaire à tout le monde, mais on doit se plaire à soi-même.
  • Ceci aura pour effet de vous donner confiance en vous, c’est la coupe du dessous, celle de la confiance en soi.
  • Et enfin, plus vous prendrez confiance en vous, plus vous vous estimerez, c’est la coupe du bas, celle de l’estime de soi (s’aimer).

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Y a de l’espoir vous savez. N’en doutez jamais.

Je vous ai livré le fruit de ma pensée. Vous pouvez bien sûr réagir si vous le souhaitez. On avance tous ensemble.

Des baisers et une bonne journée.

< Les étiquettes indiquent le prix que l’on veut donner MAIS ne reflètent pas la vraie valeur des choses. >

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