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Voilà un sujet que je voulais aborder depuis un petit moment déjà. D’une part, parce que mon petit garçon de 4 ans en a fait les frais mais aussi parce qu’il n’est pas le seul et que beaucoup d’enfants sont étiquetés très tôt par les parents, l’entourage, les amis, les enseignants, etc. Coller des étiquettes aux enfants. Une démarche qui peut sembler anodine pour certains, évidente pour d’autres ou encore naturelle, mais qui ne laisse aucune chance à l’enfant d’évoluer dans le bon sens [j’entends par là, dans le sens qui est le sien pour donner le meilleur de lui-même] et d’être apprécié pour lui et respecté pour ses qualités.

Je sais que je n’ai pas de légitimité médicale pour aborder le sujet [je ne suis ni docteur, ni psychologue]. En revanche, j’ai presque 40 ans, je suis maman, j’ai observé et analysé les comportements des gens toute ma carrière professionnelle [j’ai travaillé 20 ans dans la publicité et j’ai appris à comprendre les motivations qui dictent les comportements], j’ai écouté et appris beaucoup de l’expérience de mes ami(e)s [mamans bien avant moi ou professionnelles de l’éducation et de la petite enfance], j’ai suivi deux thérapies avec deux excellents psy [qui m’ont permis d’effectuer mon propre constat d’échec afin de me repositionner pour mieux avancer, et de comprendre que l’essentiel pour bien se construire se joue dans l’enfance], j’ai énormément lu et j’ai participé à tellement de conférences dans le cadre professionnel ou privé, que je pense avoir le droit de m’exprimer aujourd’hui sur le sujet et de poser mes propres constats.

Un enfant ne vient pas au monde en étant « mauvais » ou « nul ». C’est le jugement des autres qui le qualifie [étiquette] en tant que tel et selon des échelles de valeur bien différentes en fonction des personnes. Certains trouveront qu’un enfant qui tape, qui est nerveux, qui est agité, qui fait des bêtises, qui n’a pas de bonnes notes à l’école, n’a aucune excuse alors que d’autres y verront là une étape un peu difficile à passer, ou encore ce qui me semble être la SEULE vision acceptable, un enfant qui traverse peut-être des difficultés et qui compense pour décharger.

Dans deux billets précédents, nous avons vu comment se développe le cerveau d’un enfant [voici mon dernier billet pour mémoire]. Aujourd’hui donc et grâce aux inconstables découvertes en matière de neuro-sciences, on est en mesure d’affirmer qu’un jeune enfant [jusqu’à l’âge de 7 ans en moyenne] est majoritairement dominé par son instinct de conservation et ses émotions. Sa capacité à raisonner [à prendre du recul, à différencier le bien du mal, à réfléchir à la portée de ses actes] n’est pas encore suffisament développée. C’est en cours, ça progresse, mais il faut bien se rappeler que si Rome ne s’est pas fait en 1 jour, un adulte non plus. Le processus est long et le fruit de l’éducation que nous donnerons à nos enfants, de leurs propres expériences et aussi du contact avec les autres dans leur environnement [les influenceurs].

Ceci m’amène donc aujourd’hui à poser ces quatre questions :
1. Pourquoi coller des étiquettes aux enfants ?
2. De quel droit ?
3. Selon quel critère ?
4. Dans quel but ?

Dans la dernière conférence en matière d’éducation à laquelle j’ai assisté, l’orateur, Victoire Dégez, a relaté une anecdote de sa propre expérience en tant que parent pour démontrer qu’il n’y a pas de bons ou mauvais éléments. Deux de ses filles avaient, en effet, décidé de pratiquer le chant. L’une des deux, la plus jeune, manifestait un don naturel fort appréciable pour cette discipline qui la donnait alors « gagnante » en comparaison de sa soeur aînée qui semblait moins douée. Le temps passant, et la pratique régulière du chant par la soeur aînée ont fait qu’aujourd’hui, elle continue de chanter de manière admirable alors que sa jeune soeur qui semblait mieux prédisposée à bien chanter, n’a pas travaillé son don et a donc laissé tomber.

Rien n’est écrit d’avance à condition qu’on cesse de juger les enfants, qu’on leur laisse une chance d’évoluer dans leur sens, le bon sens, et de pouvoir ainsi donner le meilleur d’eux.

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Un enfant croit ce que lui dit un adulte. Si ce dernier l’accuse de n’être pas doué, d’être méchant ou bon à rien, alors il y a une forte probabilité pour qu’il le devienne. On appelle cela les prédictions négatives ou, dans un autre genre, l’impuissance apprise [par ici la vidéo qui le prouve]. L’enfant perd confiance en lui, ou plus grave, il perd toute estime de lui. J’ai lu quelque part, qu’un enfant jugé par ses parents ou tout autre référant dans son environnement, continuera d’aimer et d’avoir confiance dans ces personnes. En revanche, il cessera de s’aimer lui-même.

Il n’y a donc pas de « méchants » enfants ou d’enfants « nuls », il n’y a pas non plus d’enfants « meilleurs » ou « plus doués » que les autres. Ce n’est pas vrai. Il y a des adultes, des référants, des guides coincés dans de fausses certitudes ou de mauvaises habitudes qui portent des jugements. Des personnes qui se trompent et qui parasitent ou nuisent, parfois malgré elles, à la construction affective et scolaire des enfants. Nous sommes responsables du devenir de nos enfants. Nous les accompagnons toute leur vie dans leur développement.

C’est à nous de progresser, de changer notre manière de voir et de considérer. L’indulgence, l’empathie et la bienveillance sont des éléments clés. Ce sont ces outils là qui nous permettront d’amener nos enfants [pas uniquement les nôtres mais ceux des autres aussi] à devenir de belles personnes, heureuses, confiantes en leur capacité à bien faire et à avancer « du bon pied ».

J’espère ne pas avoir culpabilisé qui que ce soit en écrivant ce billet. Au contraire, si j’ai pu déclencher une prise de conscience ou avoir éveillé un quelconque intérêt, je serai heureuse. Pour vous et pour nos enfants.

Et pour ceux parmi vous qui n’auraient pas été bien accompagnés dans l’enfance, je vous donne un petit truc appris chez l’un de mes psy pour vous aider à reprendre confiance. Il suffit de visualiser une pyramide de coupes de champagne [comme dans les mariages, c’est bien ça !] Quand on remplit celle du haut, par débordement, elle finit par remplir celles du milieu et celles du bas. Vous êtes d’accord ? Et bien pour retrouver de la sérénité,  il faut :

  • remplir d’abord la coupe de l’affirmation de soi (celle du haut). Autrement dit osez vous affirmer, vous poser là et dire ce qui vous convient ou pas même si cela ne plaît pas. Il ne sert à rien de vouloir plaire au détriment de soi. On ne peut plaire à tout le monde, mais on doit se plaire à soi-même.
  • Ceci aura pour effet de vous donner confiance en vous, c’est la coupe du dessous, celle de la confiance en soi.
  • Et enfin, plus vous prendrez confiance en vous, plus vous vous estimerez, c’est la coupe du bas, celle de l’estime de soi (s’aimer).

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Y a de l’espoir vous savez. N’en doutez jamais.

Je vous ai livré le fruit de ma pensée. Vous pouvez bien sûr réagir si vous le souhaitez. On avance tous ensemble.

Des baisers et une bonne journée.

< Les étiquettes indiquent le prix que l’on veut donner MAIS ne reflètent pas la vraie valeur des choses. >

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