Étiquettes

, , , , , , , , , , , , ,

Mardi soir, l’école de mon quatrans a invité les parents d’élèves à assister à une conférence sur « la construction affective et scolaire des enfants ». J’ai trouvé cette conférence tellement intéressante et riche d’enseignements pour guider les parents dans l’éducation des petits que j’ai eu envie de vous en livrer quelques détails clés.

Alors tout d’abord laissez-moi vous présenter rapidement l’auteur de cette conférence. Il s’agit de Victoire Dégez, une mère de six enfants, qui s’est intéressée de près à la manière de guider ses enfants vers une scolarité harmonieuse et épanouissante. Graphologue de métier, elle a donc aussi développé ses compétences pour devenir conseillère en orientation, accompagnatrice en Process Communication et conférencière. Ici son site Internet.

L’idée n’étant pas de vous retranscrire toute la conférence mais ce qui m’a le plus interpelé, je vais tâcher de faire court et surtout d’être claire. Voici donc de manière succincte les points que je voudrais partager ici avec vous.

Victoire Dégez nous dit d’abord que « plus on installe tôt des habitudes, bonnes ou moins bonnes, chez l’enfant, plus elles seront ancrées et donc difficiles à corriger ». Raison pour laquelle, il est important de bien comprendre le fonctionnement du bon développement de l’enfant. Car « le développement affectif et scolaire sont étroitement liés ».

humeurdemoutard

Autrefois, il était question de QI (Quotien Intellectuel) pour mesurer la capacité d’apprentissage et donc le potentiel de réussite. Mais aujourd’hui, nous avons compris que le QE (Quotien Émotionnel) est encore bien plus important pour la scolarité des enfants. Un enfant ne peut pas être dans de bonnes conditions d’apprentissage s’il est stressé, fatigué, dans l’inconfort ou s’il démontre des signes d’agressivité, de colère ou de renfermement. Tous ces signaux sont les symptômes d’un problème qu’il faudra lui permettre de surmonter [exemples : problèmes de langages, lecture, retard moteur, peur d’échouer, manque de confiance en soi, isolement à l’école, etc.]. Comment y remédier et permettre à son petit de retrouver une forme de sérénité ? Il faut bien évidemment écouter les retours des enseignants ou des éducateurs, et ne pas hésiter à s’en ouvrir à d’autres professionnels qualifiés pour sortir de ces difficultés : pédo-psy, psycho-motricien, orthophoniste…

Et pourquoi ces symptômes consituent-ils un frein aussi puissant et bloquant pour le bon développement de l’enfant ? La réponse se situe au niveau du cerveau et des dernières avancées en matière de neuro-sciences qui ont permi de mieux comprendre le développement de l’enfant. Si vous avez regardé la petite vidéo de la Pédiatre Catherine Gueguen vers laquelle j’ai récemment posté un lien [voir mon article Le mangeur de colère], vous avez dû voir que le cerveau des petits se développe en différentes étapes :

cerveau

  1. Il y a d’abord le cerveau reptilien qui est le siège de l’instinct de conservation. C’est la partie du cerveau qui est majoritairement mobilisée en cas de danger [par exemple : quand il y a un bruit fracassant et que vous faîtes un mouvement de recul pour vous protéger]. Cette partie est prédominante chez les tout-petits.
  2. Ensuite, il y a le cerveau limbique qui est le siège des émotions [exemples : les sentiments, j’aime, j’aime pas]. Il est aussi très présent chez les minis jusqu’à 6-7 ans.
  3. Et enfin vient la partie du cerveau dite cognitive (le cortex et néocortex cérébral) qui est le siège de la raison [exemples : c’est bien, c’est mal, je prend du recul, j’analyse, je réfléchis] et qui se développe autour de 7 ans [coucou l’âge de raison !].

Et bien quand un enfant est stressé par exemple, toute son énergie va se concentrer sur la partie reptilienne et/ou limbique du cerveau. Et il lui sera alors très difficile voire impossible d’apprendre correctement puisque le cerveau cognitif ne sera pas bien disponible.

Aussi, comment aider nos enfants à surmonter ces difficultés en plus de l’aide des professionnels cités plus haut ? Je vais vous lister quelques clés fondamentales énoncées par Victoire Dégez :

1- La persévérance
Risques : si l’enfant ne persévère pas ou s’il zappe facilement et trop souvent, il sécrète une hormone (« le cortisol ») qui ne favorise pas la concentration et donc la mémorisation. Le cerveau cognitif ne fera donc pas bien son travail. Les apprentissages seront « parasités ».
Avantages : s’il termine une tâche avant d’en effectuer une autre, il éprouve une certaine détente qui favorise alors l’apprentissage.

2- La confiance en soi
Risques : si l’enfant n’a pas suffisament confiance en lui, ou que l’entourage ne le valorise pas assez ou pas du tout [exemples : tu n’es pas fait pour ça, tu n’es pas doué, c’est pas ton truc], sa capacité d’apprentissage ou sa réussite s’en trouve entravées. [Exemple : voici une vidéo repérée chez Super-Julie qui démontre à quel point la perte de confiance en soi est bloquante pour la réussite d’un travail même si l’élève détient les capacités].
Avantages : Plus l’entourage valorise l’enfant, plus l’enfant prend confiance, mieux il apprend.

3- La frustration (ou le principe de plaisir et de réalité)
Risques : un enfant qui n’apprend pas à différer son plaisir (pour être mieux récompensé) n’est pas capable de projeter ou construire une pensée et donc de bien travailler. Le pensée se construit, en effet, dès le plus jeune âge en partie grâce à la frustration. Cette dernière permet au bébé, par exemple, de construire un embryon de pensée au moment du repas quand il associe les bruits dans la cuisine à l’image mentale de son assiette. C’est le début de la pensée.
Avantages : si la frustration est suffisament équilibrée, elle permet d’élaborer la pensée. Et pour réussir dans les études, il faut donc être capable de résister à la frustration.

4- L’expérimentation
Risques : dès le plus jeunes âge, si l’enfant n’a pas assez capitalisé d’expériences sensorielles, positives ou négatives, il aura des difficultés à passer au stade « Hypothético-déductif ». Cela le freinera dans ses apprentissages.
Avantages : Les expériences sensorielles réalisées dans la plus petite enfance constituent le socle sur lequel l’enfant pourra ensuite formuler des hypothèses et résoudre des problèmes [en quelque sorte, cela prépare le bon fonctionnement du cerveau cognitif].

5- La mémoire
Risques : si l’on aide pas un enfant à connaître sa mémoire, il pourrait avoir du mal à mémoriser les apprentissages.
Avantages : selon que l’enfant ait une mémoire plutôt visuelle, auditive, verbale ou kinesthésique (« corporelle »), on insistera sur ce qui marche le mieux. Et on l’aidera à développer les autres formes de mémoire avec des petits exercices [exemple : on associe un apprentissage visuel à un apprentissage kinesthésique en faisant toucher des lettres en bois à un enfant pour apprendre l’alphabet – il les voit et les touche – il fait donc travailler sa mémoire visuelle ET kinesthésique].

6- Le problème des écrans (TV, tablette, console, mobile, ordinateur)
Risques : sur les jeunes enfants, les écrans entravent tous les points précédemment cités (l’expérimentation, la mémorisation, la persévérance, etc.) puisque l’on peut zapper, on limite les expériences sensorielles, on travaille peu les différentes formes de mémoire.
Avantages : à l’inverse, les jeunes enfants qui passent le moins de temps sur les écrans sont plus à l’aise avec les apprentissages et travaillent mieux car ils ont acquis plus d’expériences sensorielles entre autres.

Voilà quelques uns des éléments intéressants notés lors cette conférence. Des règles fondamentales pour la bonne construction affective et scolaire de nos enfants. J’espère que cela vous aura plu autant que moi et que cela vous aura donné quelques clés pour mieux comprendre et accompagner vos petits dans leur développement et leur scolarité.

Et puis, un dernier mot quand même pour vous rassurer. Le but n’est pas de cocher toutes les cases ni d’être un parent parfait, loin de là. Et, il n’est pas question non plus de culpabiliser qui que ce soit parce que vous n’avez pas forcément agit comme si ou comme ça. Je me suis moi-même rendue compte de points que je n’ai pas trouvés importants de stimuler chez mon quatrans comme la motricité dans laquelle il éprouve encore de la gêne. En effet, jamais je n’aurais pensé relier ce problème avec des difficultés ultérieures d’apprentissage. L’idée générale consiste donc plutôt à faire de son mieux et d’essayer toujours de s’améliorer.

Pour information et pour aller plus loin dans les constats de Victoire Dégez, sachez qu’elle est l’auteur du livre : Aimer et guider son enfant – 10 clés pour développer ses talents, paru chez Téqui en 2013.

livre

Merci de m’avoir lue jusqu’au bout.

Bon courage pour la suite et bon week-end à vous.

< Youpiiii, c’est vendredi ! 😉 >

Humeurdemoutard2

Publicités