[PARENTALITÉ] Faites-les taire !

Pfiouuu, rêche le titre ! Qu’est ce qui se passe ?

Il se passe que… Y’EN-A-MARRE !

Marre de ces gens qui nous jugent en tant que parents et jugent aussi nos enfants. Bon sang ! Ça suffit là !

Ça y est, ils ont réussi à me mettre en colère. Alors j’vous préviens, je vais régler ça tout de suite parce que ça commence à bien faire. Et que j’en peux plus de ces grandes leçons de morales et de ces procès publiques à « deux balles » (et encore je suis généreuse).

Deux jours avant la rentrée, ma famille et la famille du meilleur copain de mon titi de 4 ans et demi, nous sommes retrouvés au coeur de Paris pour passer la soirée tous ensemble. Nous avons été dîner dans un restaurant japonais puis nous avons marché un peu avant de reprendre le bus pour rentrer.

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Et voilà que dans le bus, alors que mon amie et moi étions assises dans le fond avec nos minis fatigués mais excités de ses retrouvailles, trois personnes se sont tournées vers nous en nous ordonnant sèchement de « les faire taire » et nous ont fait un scandale. (soupir).

J’avoue ne pas avoir fait beaucoup d’effort ce soir là, pour garder mon calme. Et là, j’ai déballé tout mon sac histoire de recadrer le « drame ».

Aussi, après avoir fait remarquer à ces personnes que nous avions demandé plusieurs fois à nos petits de faire un effort pour rester calme, j’ai dit que cela ne fonctionnait pas toujours sur commande d’autant plus qu’ils étaient encore petits (vous savez, le cerveau émotionnel qui prédomine à cet âge, toussa…). Puis, j’ai ajouté qu’il fallait se rappeler au minimum que nous TOUS n’étions pas sortis adultes du ventre de nos mères. Que lorsque nous étions enfants, nous avions forcément laisser éclater quelques émotions en public qui avaient dû gêner des gens.

Réponse de ces personnes : Et bien justement NON, dans leur jeunesse, elles n’avaient JAMAIS embêter les autres comme ça !

Attendez que je prenne bien fort ma respiration : « HAHAHAHA !!! Je me marre !!! Houuuu, la bonne tranche de rigolade. »

Non mais, WHO are we kidding ?

Non parce que les petits enfants robots existent « pour de vrai » vous savez. Ils ne parlent que sur commande, ne rient que sur commande, ne pleurent que sur commande…en bref, ils n’ont absolument aucune émotion et ne gênent jamais personne. Lol !

Non mais plus sérieusement, j’ai conscience que les personnes âgées, nées entre les deux guerres, ont eu une éducation particulièrement stricte, dure… parfois tellement rigide qu’elles ont du mal à comprendre et à accepter les changements de comportement de notre société et toutes ces nouvelles méthodes éducatives qui ont vu le jour au fil des années. Mais la génération d’après guerre et les plus jeunes…  J’hallucine !

En bref, j’ai répondu que c’était sans doute pour cette raison qu’elles avaient l’air aussi peu épanouies et que leur modèle éducatif ne faisait vraiment pas envie.

Et puis, ces personnes nous ont fait la remarque que nos enfants n’arrêtaient pas d’aller et venir dans l’allée centrale, entre l’avant et l’arrière du bus. Puis qu’à cette heure-ci (21h15) et compte tenu de la rentrée, ils n’avaient rien à faire ici.

Pardon ? Ah mais c’est que nous sommes des parents parfaitement irresponsables vous savez ! On laisse effectivement nos enfants aller seuls demander de l’eau à leurs pères respectifs restés à l’avant du bus (avec la poussette du petit dernier de mon amie) parce qu’il fait très chaud (coucou la canicule) et qu’ils ont très soif nos « épouvantables » gosses. Non mais quel scandale ! Vous vous rendez compte, on les a autorisés à aller boire ! Et puis, nous sommes des parents hyper égoïstes aussi qui avons décidé de continuer à vivre, à sortir et à partager des bons moments avec NOS enfants, au lieu de rester cloîtrés chez eux, passé 20h, deux jours AVANT la rentrée scolaire. On est FOU, faudrait carrément nous jeter des cailloux ! Mais c’est bien sûr, on a juste oublié que nous vivions dans une dictature…

Et puis, j’ai allumé le haut parleur (j’ai la voix qui porte vous vous rappelez) – histoire que TOUS les râleurs soient bien avertis. J’ai dit STOP À LA PRESSION que nous, parents d’aujourd’hui, subissons :

– D’abord parce que la fessée et la claque étaient désormais interdites et qu’il était hors de question d’aller dans cette direction.

– Ensuite, que si nous avions le malheur d’élever un peu la voix sur nos enfants nous étions considérés comme maltraitants.

– Aussi, que si nous demandions calmement à nos enfants de baisser le ton sans succès, nous étions incompétents.

– Et enfin, que si nous essayions simplement de détourner leur attention sans forcément y parvenir, nous étions démissionnaires…

En bref, que quoi que nous fassions, nous étions toujours jugés, que RIEN n’allait JAMAIS et que cela nous pompait l’air !

Comme si le fait d’avoir des enfants en bonne santé, plein de vie, heureux et épanouis était tout bonnement insupportable. Et qu’il vallait mieux qu’ils soient renfermés, éteints, malheureux ou dépressifs comme la plupart des français ! (excusez, mais c’est un peu vrai).

Non mais sans blague, heureusement que les enfants sont là pour relever la moyenne ! Et il faudrait peut être se rendre compte qu’ils ne sont ni les responsables de nos problèmes, ni les déversoirs de toutes nos colères, nos fatigues et nos haines ! Ça va pas, non !!

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Bref, ça a chauffé sec. Parce que MOI ce sont tous CES intolérants qui me gênent. Tous ceux là qui n’ont pas le courage d’affronter leur galère et qui se défoulent sur les enfants et leurs mères.

Au passage, gros clin d’oeil à toutes celles qui ont oublié ce que c’était d’avoir un enfant de 4 ans et demi alors que moi je me souviens très bien de la patience dont j’ai fait montre pour leurs enfants quand ils avaient cet âge. #bigwink ! Souvenirs, souvenirs…

Ah ! Une autre mise au point en passant… À toutes ces jeunes femmes qui ne sont pas encore mamans et qui nous jugent en se disant qu’elles, au moins, feront mieux que nous et n’auront jamais d’enfants bruyants, agités ou aussi peu obéissants, je voudrais juste vous dire une chose… Attendez, je reprends une profonde respiration : « HAHAHAHA !!! La bonne blague ! »

Je me moque franchement mais sachez que lorsque vous y viendrez, nous les parents « incompétents » seront là pour vous écoutez, vous réconforter et peut-être même vous rassurer.

Vous voyez, on est les parents les plus imparfaits du monde – Oh ! Mais comme tout le monde en fait ! – mais on est cool quand même.

Allez sans rancune et sans haine.

Un peu plus de compréhension pour nous, de patience et de tendresse pour nos jeunes enfants ET surtout pour VOUS-MÊME. (à méditer !)

Des baisers.

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[ÉDUCATION] Bien se construire.

Je souris car vous allez sûrement vous dire « encore ? ». En effet, je crois avoir encore des choses à dire sur l’importance de bien poser les fondations chez nos enfants pour les aider à bien se construire, être heureux, épanouis et pleinement eux.

Comme vous avez dû le lire précédemment sur mon blog, dans ma vie, j’ai suivi deux thérapies avec deux excellents psy à double casquette : un psychiatre-psychanaliste et un psychiatre-psychothérapeute. En l’occurence du lourd, du solide, de l’indestructible.

Et c’est grâce à eux, et à mon travail personnel aussi [autosatisfaction oblige] que j’ai appris beaucoup, beaucoup, beaucoup sur moi-même, sur les autres et la manière de bien se construire. Si ça vous intéresse, je vais partager avec vous mon constat et vous pourrez ensuite réagir dans les commentaires.

Tout d’abord, je vais vous raconter comment je me suis rendue compte que je devais peut-être aller consulter. Il y a de cela quelques années [presque 10 ans en arrière], j’étais en pleine déroute sentimentale. Ma relation venait de voler en éclats alors que je portais encore le deuil de mon papa tant adoré [décédé 1 an plus tôt] et je ne parvenais plus à me porter. Mes jambes flanchaient littéralement quand je devais me lever et j’avais du mal à respirer. C’est alors qu’un collègue de travail [Mister A. qui se reconnaîtra peut-être] m’avait gentiment fait remarquer que « je ne pensais pas de la bonne manière ». Le considérant comme un « sage » et parce que j’avais aussi beaucoup d’admiration pour lui, j’ai accepté qu’il m’explique ce que cela voulait dire. Et alors que je l’écoutais attentivement, réalisant la justesse, l’évidence, la simplicité de son propos, je rentrais ensuite chez moi apaisée et j’allais me coucher. Mais voilà que le lendemain, au réveil, il me fut impossible de me rappeler le contenu de nos échanges hormis la sensation agréable que cela m’avait procuré.

Pourquoi ?
Parce que j’étais tout simplement incapable d’INTÉGRER ce qu’il m’avait expliqué. Je pouvais l’entendre, comprendre que cela était juste et sensé, mais au fond de moi, la brique qu’il m’avait tendue ne trouvait pas sa place. Un peu comme une pièce de puzzle, tangible, avec une certaine forme, une épaisseur particulière, mais qui ne rentrait pas dans mes cases. Et j’ai donc commencé ma difficile mais ô combien salutaire thérapie, sentant que le problème venait de MES cases, et donc de moi.

Alors pour que tout soit bien clair, je vais aussi vous livrer le fond de ma pensée sur la thérapie : NON, la plupart des personnes qui consultent des psy ne sont pas « folles ». Elles ont un soucis, un problème, elles sont déprimées, en colère, elles souffrent intérieurement et parfois aussi physiquement. Et parce qu’elles ont « mal », elles décident COURAGEUSEMENT d’aller consulter un psy. Oui, courageusement ! Parce qu’il en faut du courage pour admettre que le problème vient de soi et d’accepter de « travailler » sur soi.

Et voilà donc ce que j’ai compris de MA thérapie.

Chaque être humain depuis le jour de sa naissance jusqu’à l’âge adulte se construit un peu comme une maison :
– Il y a bien sûr les fondations [celles que l’on crée dans l’enfance], les structures sur lesquelles vont reposer tout le reste.
– Ensuite, pendant l’adolescence, on monte le sol, les murs, le toît.
– Au début de l’âge adulte, on s’attaque à la plomberie et l’électricité.
– Puis à l’âge adulte, on pose le papier peint, le mobilier, la déco, etc.
Alors bien sûr, c’est MA propre vision. Mais cette analogie va vous permettre de comprendre les choses telles que je les vois aujourd’hui.

Quand un adulte va mal, quand il ne parvient pas à être « heureux » comme il le voudrait, c’est comme si, malgré tous ses efforts de « déco » dans sa maison, rien ne tenait. C’est comme si des fissures apparaissaient sans cesse et que le papier peint se décollait. Alors, au début, on traite le problème en surface, on rebouche les fissures en mettant de l’enduit. On est content de soi, on se dit que le problème est réglé. Qu’on va pouvoir avancer. Et puis, d’autres fissures commencent à apparaître, et puis des infiltrations, des problèmes de moisissures… Et quoi qu’on entreprenne en surface, quelque soit l’énergie déployée pour y rémédier, les soucis reviennent encore et toujours. De toute évidence, le problème vient d’ailleurs. Il y a probablement un défaut de structure.

Et c’est là que c’est dur. Et c’est là, que l’on va devoir s’armer de courage pour admettre qu’il y a quelque chose qui cloche dans les fondations, qu’il va falloir descendre au sous-sol et chercher l’origine du problème tout au fond. Clairement, ça fait suer. Parce qu’on a tellement investi tout au-dessus pendant tant d’années, que c’est DUR d’accepter de laisser tomber ce bâtiment, cette déco, ces murs qu’on a construits et avec lesquels on a vécu tout ce temps [certains resteront même dans le déni, ils feront de la résistance accusant par exemple « l’enduit d’être mauvaise qualité »]. C’est très dur de LÂCHER PRISE. Et pourtant, c’est la seule manière de sortir des « problèmes ». La seule qui va nous permettre d’affronter le problème en face, de « corriger » le soucis et d’avancer. C’est ce que j’appelle le CONSTAT D’ÉCHEC. On réalise alors qu’on s’est construit sur des fondations « bancales » auxquelles on s’est en plus accroché. Des bases qu’on a subi étant enfant parce que nous étions impuissants et tellement dépendants. Des bases qu’ON N’EST PLUS OBLIGÉ de subir désormais, en tant qu’adultes parce que nous sommes devenus indépendants, capables de choisir, de se défendre et d’agir.

Alors, on fait face aux défauts de structure puis on décide d’évacuer le problème… parfois plus vite qu’on l’aurait pensé [on est adulte, on a les outils pour agir]. Et puis, on commence à SE RECONSTRUIRE sur des nouvelles bases plus saines, plus stables, plus confortables. On s’affirme, on ose, on s’impose. Quand j’ai fait mon constat d’échec, je pensais qu’il me faudrait toute une vie pour tout reconstruire. En fait, non. C’est allé très vite, je trouve. J’ai en tête l’image de tas de trucs que j’ai poussés du pied sous mon lit pendant des années, pour ne pas les voir, ne pas les assumer Et qui ont fini par déborder. Et puis, d’un coup, j’ai eu le déclic. J’ai alors décidé de commencer à regarder sous mon lit, de prendre chacun des trucs que j’avais planqués là, pour enfin les ranger. Et ça va vite. Un truc après l’autre, je sais où je vais les ranger. Ça ne m’ennuie plus de les regarder, de les trier, d’en jeter quelques-uns [mais oui allez, tant pis] ou de les archiver.

Mais revenons-en à MA maison. Elle n’est alors peut-être pas parfaite pour les autres mais pour moi elle est idéale car elle me plaît, elle me correspond et surtout ELLE TIENT BON. J’ai enfin lâché prise sur tout ce que je croyais être immuable [la peur, la colère, les complexes, et j’en passe]. J’ai laissé tomber mes chaînes. Je me respecte davantage, je sais prendre du recul et je ne prends plus l’agressivité des autres personnellement car je sais que le problème ne vient pas de moi. J’ai compris qu’eux aussi ont des fissures, qu’eux seuls peuvent et doivent régler [pas avec de l’enduit hein ! Vous m’avez comprise].

Voilà mon constat. Voilà comment je peux désormais intégrer toutes les briques de bienveillance que l’on me tend. Voilà comment j’ai pu, a posteri, intégrer celle de mon grand ami, Mister A. Et voila comment je peux aussi maintenant en partager à mon tour.

Une personne de mon entourage m’a demandé un jour pourquoi je ne m’étais pas fâchée après une autre personne qui avait eu un comportement déplacé vis-à-vis de mon enfant alors âgé de 3 ans. Parce que je n’ai plus de colère au fond de moi, je n’ai pas envie de jouer ce jeu là. Ça ne sert à rien. En revanche, je préfère prendre de la distance parce que la personne en question, ses fissures, génèrent trop d’éclaboussures. Voilà pourquoi.

Voilà MON expérience de la thérapie. Voilà de quelle manière je me suis restructurée. Et voilà aussi pourquoi, je prendrai toujours la défense de mon petit, DES petits. Attention, aux cartes que nous leur donnons. Attention, aux fondations. C’est ce qui va influencer en grande partie tout le reste de leur existence. Et c’est aussi pour cette raison que certaines familles continuent de se transmettre tout un tas de casseroles, de génération en génération, sans le vouloir, parfois sans le savoir, ou sans avoir la possibilité de faire autrement sinon que d’aller consulter un thérapeute pour « briser » cette boucle infernale.

J’espère que mon témoignage vous aura plu ou peut-être servi. Et j’en profite pour remercier aussi mes psy, mes Guides, SANS lesquels je n’aurais pas réussi.

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Voilà c’est fini.
Je vous souhaite à tous un bon vendredi et un bon week-end aussi.

Que tu lui donnes un crayon et l’enfant bâtit sa maison. Claude Nougaro >

NB : Oui je sais je l’ai déjà reprise cette citation… mais je la trouve si belle et si juste que je la partage à nouveau.

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[ÉDUCATION] Repères sur la construction affective et scolaire de l’enfant

Mardi soir, l’école de mon quatrans a invité les parents d’élèves à assister à une conférence sur « la construction affective et scolaire des enfants ». J’ai trouvé cette conférence tellement intéressante et riche d’enseignements pour guider les parents dans l’éducation des petits que j’ai eu envie de vous en livrer quelques détails clés.

Alors tout d’abord laissez-moi vous présenter rapidement l’auteur de cette conférence. Il s’agit de Victoire Dégez, une mère de six enfants, qui s’est intéressée de près à la manière de guider ses enfants vers une scolarité harmonieuse et épanouissante. Graphologue de métier, elle a donc aussi développé ses compétences pour devenir conseillère en orientation, accompagnatrice en Process Communication et conférencière. Ici son site Internet.

L’idée n’étant pas de vous retranscrire toute la conférence mais ce qui m’a le plus interpelé, je vais tâcher de faire court et surtout d’être claire. Voici donc de manière succincte les points que je voudrais partager ici avec vous.

Victoire Dégez nous dit d’abord que « plus on installe tôt des habitudes, bonnes ou moins bonnes, chez l’enfant, plus elles seront ancrées et donc difficiles à corriger ». Raison pour laquelle, il est important de bien comprendre le fonctionnement du bon développement de l’enfant. Car « le développement affectif et scolaire sont étroitement liés ».

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Autrefois, il était question de QI (Quotien Intellectuel) pour mesurer la capacité d’apprentissage et donc le potentiel de réussite. Mais aujourd’hui, nous avons compris que le QE (Quotien Émotionnel) est encore bien plus important pour la scolarité des enfants. Un enfant ne peut pas être dans de bonnes conditions d’apprentissage s’il est stressé, fatigué, dans l’inconfort ou s’il démontre des signes d’agressivité, de colère ou de renfermement. Tous ces signaux sont les symptômes d’un problème qu’il faudra lui permettre de surmonter [exemples : problèmes de langages, lecture, retard moteur, peur d’échouer, manque de confiance en soi, isolement à l’école, etc.]. Comment y remédier et permettre à son petit de retrouver une forme de sérénité ? Il faut bien évidemment écouter les retours des enseignants ou des éducateurs, et ne pas hésiter à s’en ouvrir à d’autres professionnels qualifiés pour sortir de ces difficultés : pédo-psy, psycho-motricien, orthophoniste…

Et pourquoi ces symptômes consituent-ils un frein aussi puissant et bloquant pour le bon développement de l’enfant ? La réponse se situe au niveau du cerveau et des dernières avancées en matière de neuro-sciences qui ont permi de mieux comprendre le développement de l’enfant. Si vous avez regardé la petite vidéo de la Pédiatre Catherine Gueguen vers laquelle j’ai récemment posté un lien [voir mon article Le mangeur de colère], vous avez dû voir que le cerveau des petits se développe en différentes étapes :

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  1. Il y a d’abord le cerveau reptilien qui est le siège de l’instinct de conservation. C’est la partie du cerveau qui est majoritairement mobilisée en cas de danger [par exemple : quand il y a un bruit fracassant et que vous faîtes un mouvement de recul pour vous protéger]. Cette partie est prédominante chez les tout-petits jusqu’à 5-6 ans.
  2. Ensuite, il y a le cerveau limbique qui est le siège des émotions [exemples : les sentiments, j’aime, j’aime pas]. Il est aussi très présent chez les minis jusqu’à 6-7 ans.
  3. Et enfin vient la partie du cerveau dite cognitive (le cortex et néocortex cérébral) qui est le siège de la raison [exemples : c’est bien, c’est mal, je prend du recul, j’analyse, je réfléchis] et qui se développe autour de 7 ans [coucou l’âge de raison !] jusqu’à l’âge de 25 ans ! Mais oui, 25 ans !!

Et bien quand un enfant est stressé par exemple, toute son énergie va se concentrer sur la partie reptilienne et/ou limbique du cerveau. Et il lui sera alors très difficile voire impossible d’apprendre correctement puisque le cerveau cognitif ne sera pas bien disponible.

Aussi, comment aider nos enfants à surmonter ces difficultés en plus de l’aide des professionnels cités plus haut ? Je vais vous lister quelques clés fondamentales énoncées par Victoire Dégez :

1- La persévérance
Risques : si l’enfant ne persévère pas ou s’il zappe facilement et trop souvent, il sécrète une hormone (« le cortisol ») qui ne favorise pas la concentration et donc la mémorisation. Le cerveau cognitif ne fera donc pas bien son travail. Les apprentissages seront « parasités ».
Avantages : s’il termine une tâche avant d’en effectuer une autre, il éprouve une certaine détente qui favorise alors l’apprentissage.

2- La confiance en soi
Risques : si l’enfant n’a pas suffisament confiance en lui, ou que l’entourage ne le valorise pas assez ou pas du tout [exemples : tu n’es pas fait pour ça, tu n’es pas doué, c’est pas ton truc], sa capacité d’apprentissage ou sa réussite s’en trouve entravées. [Exemple : voici une vidéo repérée chez Super-Julie qui démontre à quel point la perte de confiance en soi est bloquante pour la réussite d’un travail même si l’élève détient les capacités].
Avantages : Plus l’entourage valorise l’enfant, plus l’enfant prend confiance, mieux il apprend.

3- La frustration (ou le principe de plaisir et de réalité)
Risques : un enfant qui n’apprend pas à différer son plaisir (pour être mieux récompensé) n’est pas capable de projeter ou construire une pensée et donc de bien travailler. Le pensée se construit, en effet, dès le plus jeune âge en partie grâce à la frustration. Cette dernière permet au bébé, par exemple, de construire un embryon de pensée au moment du repas quand il associe les bruits dans la cuisine à l’image mentale de son assiette. C’est le début de la pensée.
Avantages : si la frustration est suffisament équilibrée, elle permet d’élaborer la pensée. Et pour réussir dans les études, il faut donc être capable de résister à la frustration.

4- L’expérimentation
Risques : dès le plus jeunes âge, si l’enfant n’a pas assez capitalisé d’expériences sensorielles, positives ou négatives, il aura des difficultés à passer au stade « Hypothético-déductif ». Cela le freinera dans ses apprentissages.
Avantages : Les expériences sensorielles réalisées dans la plus petite enfance constituent le socle sur lequel l’enfant pourra ensuite formuler des hypothèses et résoudre des problèmes [en quelque sorte, cela prépare le bon fonctionnement du cerveau cognitif].

5- La mémoire
Risques : si l’on aide pas un enfant à connaître sa mémoire, il pourrait avoir du mal à mémoriser les apprentissages.
Avantages : selon que l’enfant ait une mémoire plutôt visuelle, auditive, verbale ou kinesthésique (« corporelle »), on insistera sur ce qui marche le mieux. Et on l’aidera à développer les autres formes de mémoire avec des petits exercices [exemple : on associe un apprentissage visuel à un apprentissage kinesthésique en faisant toucher des lettres en bois à un enfant pour apprendre l’alphabet – il les voit et les touche – il fait donc travailler sa mémoire visuelle ET kinesthésique].

6- Le problème des écrans (TV, tablette, console, mobile, ordinateur)
Risques : sur les jeunes enfants, les écrans entravent tous les points précédemment cités (l’expérimentation, la mémorisation, la persévérance, etc.) puisque l’on peut zapper, on limite les expériences sensorielles, on travaille peu les différentes formes de mémoire.
Avantages : à l’inverse, les jeunes enfants qui passent le moins de temps sur les écrans sont plus à l’aise avec les apprentissages et travaillent mieux car ils ont acquis plus d’expériences sensorielles entre autres.

Voilà quelques uns des éléments intéressants notés lors cette conférence. Des règles fondamentales pour la bonne construction affective et scolaire de nos enfants. J’espère que cela vous aura plu autant que moi et que cela vous aura donné quelques clés pour mieux comprendre et accompagner vos petits dans leur développement et leur scolarité.

Et puis, un dernier mot quand même pour vous rassurer. Le but n’est pas de cocher toutes les cases ni d’être un parent parfait, loin de là. Et, il n’est pas question non plus de culpabiliser qui que ce soit parce que vous n’avez pas forcément agit comme si ou comme ça. Je me suis moi-même rendue compte de points que je n’ai pas trouvés importants de stimuler chez mon quatrans comme la motricité dans laquelle il éprouve encore de la gêne. En effet, jamais je n’aurais pensé relier ce problème avec des difficultés ultérieures d’apprentissage. L’idée générale consiste donc plutôt à faire de son mieux et d’essayer toujours de s’améliorer.

Pour information et pour aller plus loin dans les constats de Victoire Dégez, sachez qu’elle est l’auteur du livre : Aimer et guider son enfant – 10 clés pour développer ses talents, paru chez Téqui en 2013.

livre

Merci de m’avoir lue jusqu’au bout.

Bon courage pour la suite et bon week-end à vous.

< Youpiiii, c’est vendredi ! 😉 >

Humeurdemoutard2

[PARENTALITÉ] Le coup de calcaire #4 ou cette manie de « toucher » les enfants

Arf ! Cela faisait longtemps que je n’avais pas poussé un coup de gueule sur le blog. Mais là, notre dernière mésaventure m’a tellement « énervée » [du genre où j’ai failli sortir les crocs et mordre le sale type qui a osé activer le bouton « danger » dans mon cerveau de mère louve] qu’il faut vraiment que je vous la raconte.

Cela s’est passé un soir de cette semaine dans la navette qui nous rapprochait de notre domicile. Mon quatrans, comme à son habitude, était à genou sur son siège pour mieux observer la rue par la fenêtre du véhicule. Un « type » imbibé d’alcool [du genre, « je ne pue pas, non. J’exhale une insupportable odeur de fruits pourris et fermentés particulièrement relevée], est alors rentré dans la navette et s’est assis juste derrière mon fils. Outre ses commentaires navrants sur la manière dont était assis mon petit [« s’il tombe, faudra pas venir chialer qu’il se retrouve à l’hosto »], qui me faisaient plus de peine pour lui que pour moi [« coucou les jugements débiles et prétextes faciles pour s’en prendre aux autres… au lieu de faire face à ses propres défaillances…], je n’ai pas supporté qu’il pose la main sur mon enfant.

Et que je te tapote la tête, et que j’essaie de t’attraper les mains, et « top là gamin ! »… Je lui ai demandé « d’arrêter de toucher mon enfant ». Et j’ai dit à mon fils de ne pas répondre aux sollicitations de cet individu. Mais le type ne m’écoutait pas, il surparlait, avec cette épouvantable haleine imprégnée d’alcool, à mon petit garçon comme si plus rien n’existait autour de cette « relation ».

Il me restait une station quand ce sale type a commencé à caresser la tête du fiston. Tout s’est passé très vite en réalité. Mais dans mon esprit, je me souviens de chaque seconde comme si elles avaient duré une éternité. J’ai senti mon coeur s’accélérer, mes membres se glacer, mon cerveau s’échauffer, mes dents se serrer…. J’ai failli HURLER sur ce cinglé pour qu’il arrête immédiatement ses agissements.

Je ne supporte pas qu’on touche à mon petit loup. Je ne veux pas qu’on lui caresse ou touche la tête, les cheveux ou le bonnet comme un gentil petit toutou. Un enfant est UNE PERSONNE. Est ce que moi, j’ai touché la tête de ce type pour lui dire « Alors bonhomme, faudrait penser à te seuvrer sérieusement ! » – NAN !

Les enfants ne sont pas les doudous des grands. Ils ne sont pas obligés de faire des bisous à tout le monde [aux étrangers, aux amis, aux oncles et tantes et même aux grands-parents]. Leurs corps n’est pas en libre accès. Certains me diront que « ce n’est pas grave », que « ce n’est pas méchant », qu’eux-mêmes ont été forcés de faire des bisous étant enfant ou qu’ils ont reçu une gentille tape sur la tête et « qu’ils n’en sont pas moins bien portants ». Erreur. Il y a quelques temps, j’ai lu un article d’une journaliste du Guardian, Annalisa Barbieri, sur le sujet. Cette dernière appuyait sa réflexion sur l’analyse de Lucy Emmerson coordinatrice du Sex Education Forum qui souligne les risques et dérives de la « culture du consentement » en dénonçant justement ces « petites choses sans gravité ». Ces « petits riens » qui ont malheureusement constitué la porte ouverte à des gestes pas forcément agressifs mais véritablement déplacés, voire beaucoup plus graves, d’adultes envers des jeunes gens. Des enfants qui n’avaient pas compris où se situent les limites, qui n’avaient pas appris à refuser le contact intime avec une tierce personne.

Quelles sont alors les bonnes pratiques ? Comment protéger nos enfants des dérives ? Voici un lien vers un site qui explique de manière très simple et très claire comment faire.

Et pour en revenir à ce « sale type », je voudrais juste vous rassurer en vous promettant [comme à moi-même], si je le revois, qu’il n’y aura pas de prochaine fois. Je sortirai les crocs bien avant ! Comprendre « lui HURLER dessus », hein ! Je ne suis ni un vampire, ni un loup garou… Pire, je suis une MAMAN. 😉

< « If we can’t manage to create a culture of consent for everyday physical contact, it will surely be a tall order for sexual situations. » Lucy Emmerson >

(NDLR : Ce qui revient à dire que si nous ne donnons pas les moyens à nos enfants d’exprimer leur désaccord pour des contacts physiques du quotidien, cela leur sera sûrement plus difficile quand il sera question « d’agressions sexuelles ».)

Mon mini dans le bus à Paris