[LECTURE] Mon premier roman « Après la vie », chapitre 8

Bonsoir tout le monde,

Voici le chapitre 8. Je compte publier encore quelques chapitres (entre 2 et 4… je vais voir) et, ensuite, je vous indiquerai la plateforme sur laquelle vous pourrez trouver mon roman complet. 😉

En attendant, profitez donc encore un peu de l’aventure et de la découverte du personnage de Mathilde alias Mathi. Bonne lecture ! ❤

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– Après la vie – 

par Ombelline Robin

CHAPITRE 8 – LA PROFESSEURE

Tous les gens présents à mes funérailles étaient partis chez mes parents afin de profiter du buffet qu’ils avaient préparé. J’étais toujours au même endroit, planté sur le petit parking un peu plus haut dans la rue en face du cimetière, à discuter avec Mathi quand je réalisai tout à coup que nous étions seuls et que j’allais devoir rentrer à pied si je voulais terminer cette journée en compagnie de mes proches et de toutes ces personnes qui avaient fait le déplacement exprès pour moi et pour mes parents. C’est à cet instant précis que Mathi me donna ma première leçon. Une leçon de « téléportation ».

Pour bien faire, elle me demanda d’abord de faire le vide dans mes pensées. Elle me dit qu’il fallait que je me calme et de ressentir mon environnement comme si la matière n’avait plus corps et que tout n’était plus qu’énergie. Elle m’encouragea ensuite à sentir les vibrations qui émanaient de chaque chose. Elle me demanda de focaliser mon attention sur ces vibrations et de trouver les courants qui les reliaient. Elle m’encouragea à ressentir la force des courants qui circulent entre chacune de ces vibrations, chacune de ces lignes. Elle saisit ma main et me commanda alors de suivre l’un de ces courants et de me laisser porter comme si je me faisais aspirer. A ce moment précis, j’eus l’impression que tout autour de moi ralentissait et que j’étais capable de percevoir au-delà de la matière. Il me semblait que j’étais arrivé à l’état de particules qui étaient capables de se fondre avec les autres particules de l’air, du sol, de la terre et même de la pierre. Puis, Mathi m’ordonna de visualiser la maison de mes parents et de m’y projeter comme si j’y étais. Et alors que tout ce qui m’entourait ne formait plus que des lignes d’énergie mues par des forces de différentes intensités, je vis au loin le jardin de mes parents se dessiner très nettement sous mes yeux pour devenir de plus en plus proche et précis. C’était comme si je traversais un tunnel recouvert de néons fins et lumineux, disposés en pointillés serrés les uns contre les autres, tout autour de cet incroyable puit de lumière. Un tunnel au bout duquel j’atterris dans le jardin de mes parents qui venaient juste de sortir de la voiture. Une expérience unique, incroyable, phénoménale qui me chamboula complètement et qui me laissa pantois, le temps de réaliser ce qui venait de se passer, sous le regard attendri de Mathi. 

Je savais voyager dans l’espace en un minimum de temps. J’étais capable de me téléporter du cimetière à la maison de mes parents. C’était fou ! Un vrai truc de malade ! Je ressentis alors une excitation phénoménale. 

  • YOUHOU ! YES !!
  • Eh ! Tranquille le bleu… On se détend. Ok ?
  • Mais, je viens de me téléporter là ! T’as vu ça ?
  • Oui, oui, j’ai vu. Mais tu verras que bientôt ça te semblera d’une banalité affligeante.
  • Tu rigoles ! J’ai des supers pouvoirs ! Je suis un… Je suis une sorte de…
  • Fantôme ? Esprit ? Spectre ? T’as le choix. Mais oui, c’est bien ça.
  • En fait, j’allais plutôt dire un « super-héros ».

Mathi fit redescendre un peu mon enthousiasme. Puis, elle regarda autour d’elle et fixa un groupe de personnes qui discutaient près de l’entrée de la maison. De mon côté, je repérai ma bande de potes et Fanny qui s’avançaient dans le jardin vers une table et des chaises disposées tout autour. Ils se posèrent là tandis que les filles se dirigèrent vers la maison sans doute pour aller se rafraîchir, à l’exception de Fanny qui préféra s’asseoir.

  • Mathi ! Viens, je vais te présenter mes potes !

Nous nous dirigeâmes dans leur direction quand je remarquai que Mathi semblait troublée. Elle jetait des coups d’œil incessants au même groupe que tout à l’heure ou plutôt à quelqu’un…

  • Oh ! T’es toujours avec moi ? 
  • Hein ? Heu… oui ! Pardon. Donc, ce sont tes potes !
  • Oui, ma bande de « précieux » comme j’aime à les appeler.
  • Ah, sympa ! 
  • Et la belle rousse avec les yeux verts, juste là, c’est ma chérie. Fanny.
  • C’était ! Tu veux dire…
  • Oh, mais t’es une vraie rabat-joie, toi ? Ça fait dix jours à peine que je suis décédé et aujourd’hui c’est MA journée d’enterrement ! Alors, tu permets que je digère un peu ? 
  • Rolala, c’est bon, pardon ! J’comprends tu sais, mais le plus tôt tu te feras une raison, le mieux tu te porteras. Crois-moi.
  • Mais ouais, c’est ça… Ça fait quinze ans pour toi. Alors, t’as eu le temps de t’y faire. Moi pas. 

Mathi commençait un peu à m’agacer. Pour quelqu’un qui voulait m’apprendre à bien vivre la mort, elle pouvait repasser. Elle était aussi délicate et prévenante qu’un moissonneuse batteuse au milieu d’un champ de blé. Mais, j’avais besoin d’elle et de son expérience pour apprendre les rudiments du « parfait petit revenant ».

  • Et puis, tu fixes qui depuis tout à l’heure ?
  • Quoi ?
  • Bah oui, t’as toujours la tête tournée vers ce groupe de personnes là-bas… 
  • Pas du tout ! 
  • Mais dis-moi ? Tu ne serais pas en train de me cacher quelque chose, toi ? Voyons voir si je reconnais toutes les personnes de ce groupe… Il y a mon oncle, ma tante, ma belle-sœur et mon frère, mon père, le curé… C’est le curé ?
  • Pfff ! Et pourquoi, je fixerais le curé ?
  • Je ne sais pas moi. Peut-être que tu le connais…
  • C’est bon, lâche-moi, ok !

Je venais de toucher un point sensible mais je voyais bien qu’elle ne me dirait rien. Elle s’était raidie tout d’un coup et je la sentais plus distante. Je changeais alors de sujet et décidai de lui présenter chacun de mes amis. Des présentations à sens unique qui me firent un drôle d’effet. Mais, une introduction pour Mathi dans mon cercle intime qui allait détendre l’atmosphère et peut-être faciliter nos rapports.

(à suivre…)

[LECTURE] Mon premier roman « Après la vie », chapitre 5

Bonsoir à toutes et tous,

Voici le chapitre 5. Pour accompagner la publication de ce chapitre, j’ai décidé de vous montrer à quelle actrice j’ai pensé pour représenter le personnage de Fanny. Pour la découvrir, cliquez ici. Alors, intéressant n’est-ce-pas ! 😉

Je vous souhaite une bonne lecture et une belle soirée. ❤

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– Après la vie – 

par Ombelline Robin

CHAPITRE 5 – LES ADIEUX

On y était, c’était le grand jour. Je n’étais pas du tout prêt. C’était très étrange car on aurait dit que j’allais me marier. Tout le monde s’apprêtait et courait partout dans la maison. Ma mère cherchait son foulard et ses lunettes noires et mon frère voulait cirer ses chaussures. Bon sang, j’avais la pression ! C’est dingue, mais j’avais vraiment la pression. C’était comme si j’allais monter sur scène et donner le spectacle de ma vie. Sauf que je ne contrôlais rien. On sonna à la porte. C’était un livreur qui venait déposer quelques beaux bouquets à mon nom. Je voulais lire le nom des expéditeurs dans les enveloppes mais mon père, qui était prêt depuis un quart d’heure, saisit les fleurs et s’empressa d’aller les déposer dans le coffre de la voiture. 

Ava descendit du premier. Comme elle était prête, elle s’assit sur un fauteuil dans l’entrée. Titus vint alors se frotter contre ses jambes en me toisant de côté. Elle le repoussa gentiment et s’aperçut, tout de suite après, des poils clairs que le chat lui avait gentiment collés sur son pantalon foncé. Elle marmonna quelque chose, se leva et s’empressa d’aller demander à mon frère un rouleau d’adhésif pour vêtements. Ma mère arriva à son tour. J’étais épaté de la voir aussi élégante malgré le foulard qui cachait ses cheveux et les lunettes noires qui couvraient son regard. Son tailleur jupe sombre était du plus bel effet. Elle ressemblait à l’une de ces stars hollywoodiennes des années soixante. Décidément, je me faisais plus l’effet de quelqu’un qui va recevoir un prix plutôt que d’un mort auquel on allait dire au revoir.

Marco et Ava rejoignirent enfin ma mère tandis que mon père avança la voiture dans l’allée juste devant la maison. Ava et ma mère s’en allèrent prendre place à l’arrière du véhicule pendant que mon frère fermait la porte de la maison à clef. Mon père sortit ensuite de la voiture pour aller s’asseoir sur le siège passager et laisser le soin à mon frère de conduire tout ce beau monde jusqu’au funérarium. Je me dépêchai de prendre place entre ma mère et Ava à l’arrière, alors que nous démarrions.

Nous arrivâmes au funérarium. Mon frère gara la voiture et je reconnus déjà, à travers la vitre, ma Fanny et sa famille qui attendaient. Dire qu’il a fallu que je sois mort pour que mes parents connaissent enfin ses parents ! Je me trouvai empreint d’une soudaine frustration. Heureusement, à mon grand soulagement, les salutations se firent très chaleureuses et intenses. Ma mère et Fanny étaient toutes les deux très émues de ces retrouvailles et s’étreignirent longuement comme pour se donner du courage. D’autres membres de la famille arrivèrent à leur tour et s’empressèrent de venir dire bonjour. 

  • Non ! Voilà ma cousine, Émilie-la-peste ! 

J’étais stupéfait. C’était bizarre de la voir étant donné qu’elle devait être la seule personne qui n’avait pas vraiment de peine. 

  • Roooh, elle a mis des lunettes noires elle aussi ! Style ! Quelle hypocrite, cette harpie… 

Cela m’agaçait mais je suivis ma famille qui entra dans le bâtiment. La dame en peignoir, qui dansait toute seule la dernière fois, était toujours là assise sur le banc de l’entrée. Je passai devant elle et je la saluai poliment pour lui signifier que je la voyais et qu’elle n’était pas seule dans son état. Elle me regarda et me sourit. Puis, elle m’invita à venir m’asseoir à côté d’elle une fois que chaque membre de ma famille aurait fini de me dire au revoir dans la petite salle de recueillement où mon corps avait été exposé. Je ne savais pas trop quoi penser de cette invitation ni de ses intentions mais je lui promis de venir partager un moment avec elle une fois que mon cercueil aurait été fermé. 

La petite salle était sobre. Il y avait quelques bouquets de fleurs déposés sur le sol tout autour de la pièce. Ma dépouille, revêtue de mon costume et de mes belles chaussures, gisait dans un cercueil en bois foncé aux poignées dorées posé sur une table recouverte d’un tissu drapé. Quelques cadres photos, retraçant des bouts de ma courte vie, avaient été déposés sur une modeste tablette à côté de ma tête. J’étais un peu déçu, je devais bien l’admettre, de constater qu’il n’y avait rien de spectaculaire dans toute cette « mise en scène ». Pour la cérémonie de star, il fallait donc patienter jusqu’à l’église. Je décidai de me positionner le plus près possible de mon cercueil et découvris les derniers mots que chaque membre de ma famille avait souhaité me confier.

Il y eut d’abord ma mère qui me dit combien elle m’aimait et à quel point elle était meurtrie de me savoir parti. Ma mère si fière qui m’avoua que s’il n’y avait pas eu mon frère et mon père, elle aurait tout tenté pour me rejoindre. Puis, elle déposa un léger baiser sur mon front. Elle me caressa les cheveux. Elle repositionna ma cravate et contrôla ma tenue. Et elle sortit, les yeux remplis de larmes, en me demandant de lui jurer de l’attendre aux portes du paradis. 

  • Le paradis… J’en suis loin pour le moment ma petite maman chérie. Le paradis… une utopie, oui ! 

Il y eut ensuite mon père qui me confia avoir prié mille fois Dieu de le prendre à ma place. Une prière restée sans réponse, ni effet. Il me dit qu’il lui en voulait terriblement et qu’il lui en voudrait sûrement pour tout le reste de sa vie à moins qu’il cesse de croire en lui. Mais que pour le moment, il voulait continuer d’y croire parce qu’il avait besoin d’un défouloir et qu’il valait mieux qu’il soit en colère après le Seigneur que moi pour avoir raté une simple marche d’escalier. Il me dit aussi tout l’amour qu’il me portait depuis ma naissance et l’immense fierté qu’il avait d’avoir eu un fils aîné comme moi. Il posa enfin sa main sur mon cœur et sortit. 

A ce stade, je n’en menai pas large. Un sentiment de vide m’envahissait de plus en plus et me donnait l’impression d’une totale déconnexion du monde des vivants. C’était comme si je ne faisais plus partie du film de la vie mais que je le regardais derrière un écran. Mon père et ma mère venaient de me dire au revoir. Mais non ! Moi, je ne voulais pas leur dire au revoir… 

  • Ne partez pas, je vous en prie ! Je suis toujours là. Ne m’abandonnez pas…

Je ne réussis pas à pleurer car depuis que j’étais décédé, mes larmes ne coulaient plus. C’est comme si j’étais fendu en deux, déchiré, le cœur en miette, mais que rien ne voulait sortir. Comme si ça ne marchait plus.

Marco entra dans la pièce à son tour. Il fixa mon visage sans vie pendant une bonne minute d’un air complètement sidéré. Il ne m’avait, en effet, pas revu depuis notre dernier réveillon de Noël passé ensemble, avec mes parents. Il fronça les sourcils et serra les dents. Puis, Il me traita de « salopard » ! Il me qualifia de lâche pour l’avoir laissé « fils unique ». Il m’accabla de reproches totalement insensés. Il m’accusa de lui avoir collé la nausée depuis mon décès. Il se plaignit d’être perdu et effrayé comme la fois où il s’était paumé enfant dans un supermarché. Puis, il tapa sur mon bras. Il me demanda de réagir et de ne pas lui infliger cela. Enfin, il s’effondra sur moi quand sa femme pénétra dans la pièce. Elle le releva et le prit dans ses bras pendant qu’il sanglotait devant moi. Marco se retourna alors vers ma dépouille et trouva le courage de lui adresser les derniers mots d’un cadet soudain conscient de la responsabilité qui lui incombait de reprendre le flambeau. 

  • Ciao frérot ! T’as intérêt à m’attendre avec l’apéro là-haut parce que va falloir te faire pardonner tout ça quand mon tour viendra.  

Il sortit avant Ava qui s’approcha de mon corps et me chuchota qu’elle aurait adoré mieux me connaître. Puis, elle me fit la promesse de veiller sur mon frère aussi longtemps qu’elle vivrait. 

Jamais, j’aurais cru que ce serait aussi difficile. Jamais. Les mots de mon frère, sa douleur, celle de mes parents, c’était comme une claque. C’était trop. Je n’en voulais pas. Et puis, j’étais toujours avec eux. J’étais bel et bien présent ! Je ne comprenais rien à tout ça. Pourquoi… Et pourquoi moi ? Ça ne pouvait pas se terminer comme ça. 

Fanny fit ensuite son entrée. Elle s’approcha doucement du cercueil. Elle posa sa main sur ma jambe et la retira presque aussitôt. Elle regarda mes paupières closes, intensément, puis elle baissa les yeux. Ses yeux de jade, ce regard si magnifique et si précieux qui me faisait fondre en moins d’une seconde. Je l’entendis alors murmurer ses adieux. Adieu à nos projets, adieu à nos rêves, adieu à notre couple, adieu à nous deux. Elle promit de ne jamais m’oublier et balbutia aussi que j’allais lui manquer. Terriblement. Elle me dit qu’elle m’aimait. Et la chose qui me brisa complètement, ces mots insensés qui pénétrèrent en moi comme des poignards acérés, elle me demanda pardon pour la vie qu’elle allait devoir mener sans moi et jusqu’à son dernier souffle désormais. Elle m’implora de lui pardonner de devoir « continuer ». Continuer ! Je me répétai ce mot, désemparé, car il m’était impossible de l’intégrer. Et quand elle eut enfin terminé, elle leva les yeux vers moi, le visage grave et les lèvres tremblantes. Elle déposa un baiser au creux de sa main qu’elle posa ensuite sur ma joue froide et inanimée. Puis, elle sortit après avoir remis ses lunettes de soleil pour masquer les larmes qui coulaient. 

Tout juste après le départ de Fanny, mes jambes commencèrent à fléchir. J’aurais reçu un coup de poing à l’estomac que j’aurais eu moins mal que ce que je pouvais ressentir à cet instant précis. J’étais tellement abasourdi, tellement choqué de tout ceci que je n’avais pas vu la cousine Émilie rentrer dans la pièce jusqu’à ce qu’elle ose parler.

Alors que j’étais arrivé au bout de moi-même, et de ce que je pouvais endurer, cette dernière me demanda aussi pardon ! Oui, pardon ! Pardon pour avoir été si « méchante » avec moi, pardon pour m’avoir fait du tort plus d’une fois, pardon pour n’avoir pas su me dire ce qui n’allait pas depuis la fameuse journée d’anniversaire où les hostilités avaient démarré… Car en secret et depuis toute petite, elle m’aimait. Moi, son cousin, elle m’aimait ! Aussi, lorsqu’elle m’invita chez elle en plus de ses copines, le jour de ses douze ans et qu’elle me surprit en train de rigoler avec l’une d’entre elles, elle fut piquée de jalousie. Elle fit tomber un vase en cristal dans mon dos et m’accusa aussitôt d’en être responsable afin de m’attirer la colère de ses parents qui m’avaient, bien sûr, puni. Elle m’avoua ensuite avoir regretté son geste mais ne pas avoir trouvé le courage d’être honnête avec moi en m’avouant tout ceci. Puis, elle se mit à pleurer à chaudes larmes avec des hoquets incontrôlés tant et si bien que ma tante vint la soutenir et l’aider à sortir. C’était le bouquet !

  • Waouh. Stop ! Faut que je sorte ! 

Je me relevai et me dirigeai vers le hall d’entrée du funérarium quand je vis la femme en peignoir qui m’attendait sur son banc. Je ne sais pas pourquoi mais je m’assis à côté d’elle presque machinalement alors que je n’étais absolument pas en état de lui adresser la parole. Elle me sourit alors presque tendrement. Comme une maman l’aurait fait pour son enfant. Elle me fit signe de jeter un œil à la petite salle de recueillement que je venais de quitter et me dit simplement qu’un homme, sans doute mon oncle, venait d’y entrer et que j’allais louper ses dernières paroles. Et puis, elle ajouta, d’un ton guilleret, que je n’étais pas le seul à réagir comme ça. Elle m’avoua que « tout le monde » quittait la salle avant la fin des témoignages et dernières pensées. Tout le monde…

(à suivre…)

[LECTURE] Mon premier roman « Après la vie », chapitre 3

Bonsoir tout le monde !

Avant de vous livrer le chapitre 3, je voudrais répondre à certain.e.s d’entre vous qui m’ont demandé où et comment se procurer l’intégralité de l’histoire. Alors, je suis en train d’étudier les plateformes d’édition en ligne et n’ai pas encore fait mon choix. Mais dès que j’aurai avancé dans mes démarches, je vous tiendrai au courant. 😉

En attendant, je vous souhaite une bonne lecture à la découverte de Leonardo et ses proches.

Ah, j’allais oublié… Pour écrire, j’ai besoin de visualiser. Aussi, lorsque j’ai imaginé Leonardo, j’ai pensé à un acteur qui pourrait bien le représenter. Je vous invite à cliquer ici pour découvrir l’heureux élu qui m’a inspirée. 😉

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– Après la vie – 

par Ombelline Robin

CHAPITRE 3 – LES AUTRES

Ils s’arrêtèrent d’abord aux pompes funèbres. Ils sortirent de la voiture avec mes affaires et partirent les déposer dans une salle que la dame de l’accueil leur avait indiquée. Ma mère lui avait ensuite demandé à me voir. La dame avait donc conduit mes parents jusqu’à la chambre réfrigérée. J’allais enfin retrouver mon corps. Je ne savais pas encore ce que je devais en penser mais la curiosité était tellement forte qu’elle me poussa jusqu’à cette table où l’on m’avait allongé. 

Je me découvris donc mort. Je n’arrivais pas à définir si mon teint était gris ou juste terne. Mais, j’arrivais tout de même à me reconnaître. C’était bizarre comme sensation. J’étais là, debout, bien « vivant » et en même temps, j’étais allongé, immobile et muet. Bonjour l’effet !  On aurait dit que mon corps n’était plus qu’une coquille vide sans chaleur. Ma mère regardait aussi ce corps. Elle n’avait pas l’air bien. Elle alla s’asseoir un peu plus loin et je la vis verser des larmes d’incompréhension et de douleur. Ma petite maman. Si fière et pourtant si fragile à cet instant, devant le corps vide de son enfant. Ce déferlement de peine m’affecta si intensément que je tentai vainement de la réconforter en lui adressant quelques mots. 

  • Mais je suis toujours là, maman ! Ne pleure pas ! Je t’en prie, maman. Ne renonce pas.

Comme chacun s’était un peu éloigné de ma dépouille, je décidai de tenter une expérience. Je montai sur la table et m’allongeai dans la même position que mon corps. J’essayai de me glisser à l’intérieur et de reconnecter « la machine ». C’était bon, j’étais allongé et calé dans la même position. Mais comment fallait-il que je m’y prenne pour rebrancher les circuits, maintenant ? Hein, comment ? Je réfléchis et tentais encore la colère… 

  • Allez Carl, assume donc que t’es qu’un type naze… Hein, espèce de gros naze. Un minable mais bien naze ! Un vrai naze, HYPER NAZE ! 

Bon, ça ne marchait pas. Ça ne devait pas être comme ça. Je me concentrai à nouveau quand une nouvelle idée me traversa l’esprit. C’était avec l’amour que l’on créait la vie, alors ça devait être l’amour le moteur. Je réalisai cela confus et soudainement inspiré. Je tentai alors un nouvel essai.

  • Fanny ma chérie, je t’aimerai toujours, tu sais. Et puis, mes parents aussi. Mon frère aussi. Et puis mes potes ! Enfin, non pas Thomas. Celui-là, c’est le seul qui ne me manquera pas. Et j’aimerai aussi mes futurs neveux ou nièces. Bon sauf, s’ils deviennent des crétins finis comme ma cousine Émilie. Quelle mauvaise, celle-ci ! Et dire qu’elle a volontairement cassé le vase en cristal de ses parents, le jour de ses douze ans, juste pour avoir le plaisir de me voir me faire engueuler à sa place ! Quelle peste ! Raaah ! Mais bon sang, tu vas te connecter toi !

Je n’y arrivais pas. Ça ne marchait pas. Je me rassis mais mon enveloppe terrestre ne bougea pas. De toute façon, vu son état, j’aurais eu l’air de quoi ! D’une espèce de Franckenstein avec les cicatrices en moins ? Ah bah, ça aurait sûrement fini d’achever ma mère, ça tient !  Je décidai donc de laisser tomber et me résignai à abandonner ma dépouille aux mains du personnel de l’établissement. 

  • Salut toi ! C’était bien d’être toi. Trop court, mais bien. Mais, quand même vraiment très court…

Mes parents sortirent de la pièce. Ils échangèrent quelques mots avec la dame de l’accueil qui les avait accompagnés pendant que j’observais une autre famille se diriger vers la chambre réfrigérée suivie de près par un vieux monsieur agité. Celui-ci tentait en vain de leur parler mais aucun des membres de cette famille ne lui répondait. Il pestait, il grondait, mais rien n’y faisait. Et puis, il y avait cette femme en peignoir, assise sur un banc, dans le hall de l’entrée, qui était déjà présente, à notre arrivée. Elle s’était levée et dansait toute seule au son de la musique qui émanait, semble-t-il, d’une salle de recueillement à côté. Il y avait aussi cet adolescent craintif, en blouse d’hôpital, qui se cachait au bout du couloir. Il observait le hall d’entrée comme s’il guettait l’arrivée de quelqu’un. Et dès que je jetai un coup d’œil dans sa direction, il disparaissait dans l’ombre du couloir, sans doute effrayé par la vue d’un étranger qui pouvait le voir. Ils étaient tous les trois morts, c’était sûr. Et peut-être même qu’ils l’ignoraient encore. 

Mes parents remontèrent ensuite dans leur voiture. Je pris place à l’arrière et mon père nous conduisit à la maison que mes parents avaient achetée à Vaucresson lorsque j’avais deux ans, une charmante demeure où mon frère et moi avions vécu toute notre enfance. 

Mon père déposa d’abord ma mère devant la porte de la maison. Il dirigea, ensuite, la voiture vers le garage au bout de l’allée. Je restai avec lui tout en admirant, à travers les vitres du véhicule, les magnifiques fleurs tout juste écloses dans le jardin tout autour. Je le regardai actionner la télécommande qui ouvrait la porte du garage, rentrer la voiture, couper le moteur, serrer le frein à main, retirer la clé et déboucler sa ceinture de sécurité. Puis, il ne bougea plus. Il resta assis, les portes fermées, le regard fixé sur le tableau de bord face à lui. Je m’avançai pour voir ce qu’il regardait mais je ne repérai rien de particulier. Étonné, je me tournai alors vers lui et je compris. Il pleurait.Nous restâmes dans la voiture au moins pendant vingt bonnes minutes. Vingt longues minutes où je vis mon père pleurer. C’était la deuxième fois que je le voyais dans cet état. La première fois, c’était quand Mamé avait rendu son dernier souffle. Cela m’avait profondément marqué à l’époque. Mon frère et moi n’avions jamais pu oublier ce moment-là. Notre père avait toujours été fort face aux épreuves qui avaient touché notre famille. Le voir aussi ébranlé par la disparition de Mamé, ça nous avait bouleversés. Par pudeur et aussi par respect pour lui, mon frère et moi n’en avions plus jamais parlé. Nous n’avions plus jamais osé prononcer même le nom de « Mamé » en sa présence. Mais cette fois-ci, il s’agissait de moi. Mon père pleurait pour moi. J’étais paralysé, complètement désemparé et je ne pouvais rien faire d’autre que de rester là à attendre. J’attendais qu’il aille mieux. Alors, moi aussi j’irai mieux. 

(à suivre…)

[LECTURE] Mon premier roman « Après la vie », chapitre 2

Bonjour à toutes et tous,

Merci pour le superbe accueil que vous avez réservé au chapitre 1 de mon roman. Comme promis sur les réseaux sociaux, je vous livre aujourd’hui le chapitre 2. En vous souhaitant une bonne découverte et une bonne lecture. 😉

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– Après la vie – 

par Ombelline Robin

CHAPITRE 2 – MES PROCHES

Dès le lendemain, vers midi, j’entendis quelqu’un tourner la clé dans la serrure de la porte d’entrée de mon trente-cinq mètres carré. Mon « deux pièces », pour être plus précis. Un appartement que j’avais pu acquérir grâce à un petit héritage laissé à mon nom par mes grands-parents. Mon père avait, en effet, perdu ses parents il y a dix ans. Je m’en souvenais encore comme si c’était hier. Mon frère et moi étions les petits-enfants préférés de Mamé et Papé. Sur leur testament, ils nous avaient donc protégés en mettant de côté pour nous une coquette somme d’argent. Mon frère, l’aventurier de la famille, s’était servi de son héritage pour voyager. Et moi, l’aîné, le casanier, j’avais investi dans un logis. J’étais du genre « fourmi ». Je ne supportais pas l’idée de dépenser mon argent dans des futilités. Je voulais faire en sorte qu’il puisse toujours me rapporter. Et puis, j’avais trouvé cet appartement sur le conseil d’un ami et j’avais été très vite conquis. Bien sûr, j’avais dû un peu emprunter pour financer mon achat dans sa totalité, mais cela ne m’avait pas dérangé. Et puis, comme il y avait déjà Fanny dans ma vie, je savais que cet appartement serait un peu comme notre nid. Je souhaitais qu’elle et moi y partagions des moments rien qu’à nous, plutôt que chez sa sœur ou sous le toit de mon ex-colocataire. C’était chouette la vie de couple avec ma Fanny. Il est vrai qu’elle ne rangeait pas grand-chose, mais maintenant que j’étais mort, je me rendais compte que cela me manquait aussi.

  • FANNY ! C’EST TOI, FANNY ! MA CHÉRIE !!

Évidemment, elle ne me voyait pas et ne m’entendait pas non plus. Qu’est-ce que je croyais. Il allait bien falloir que je m’enfonce cette idée dans le crâne : « T’es MORT, mon gars ! ». Mais que faisait-elle ici ? 

  • Rolala, tu n’as pas bonne mine, ma chérie. Mais tu pleures… Oh non, ne pleure pas, je t’en prie. Je suis toujours ici. 

Il fallait qu’elle sache que je n’étais pas parti. Il fallait que je trouve rapidement un moyen de lui montrer que j’étais là. J’étais si pressé d’y arriver et j’avais les idées tellement emmêlées que je tentai encore une fois de me fâcher. 

  • Carl est un gros naze ! C’est vraiment le pire des gros nazes ! Mais un GROS NAZE DE CHEZ NAZE !!!

« Pof ! »

  • Bon sang !! Mais c’est quoi ce « pof » ridicule ! FANNY !! JE SUIS LÀ, CHÉRIE !!

Tandis qu’elle regardait cette photo de nous scotchée sur le frigo, prise l’an dernier en vacances à la Trinité-sur-mer, je m’efforçai de faire tomber un objet ou de créer n’importe quel bruit qui pourrait la rassurer et lui indiquer ma présence. Mais, rien ne se produisit. Et elle ne réagit pas non plus au léger bruit du coussin dans lequel je venais de frapper. Je me sentais alors complètement défait, encore pire que dégoûté. J’étais là mais sans aucun pouvoir pour la réconforter. Si seulement, je pouvais lui dire qu’on ne mourrait pas totalement, qu’on était juste différent. Et surtout, qu’on était toujours aux côtés des vivants. 

Elle ramassa ses vêtements dans ma chambre puis les jeta dans une valise qui était posée là, dans un coin, à côté du lit. Elle récupéra sa brosse à dents et ses crèmes entreposées dans la salle de bain. Elle prit aussi notre photo, un de mes t-shirts dans le panier à linge ainsi que mon mug préféré dans l’évier du coin cuisine. Elle regarda une dernière fois autour d’elle, le visage gonflé de larmes. Puis elle déposa sa clef sur l’étagère de ma petite entrée avant de sortir de l’appartement en claquant la porte derrière elle. Je la suivis, ma Fanny, jusqu’en bas de l’immeuble où sa sœur, Zoé, l’attendait dans sa voiture stationnée tout juste en face devant la boulangerie. Sa sœur l’aida à mettre sa valise dans le coffre pendant que Fanny fixait les fenêtres de mon appartement au deuxième étage. Puis, elle la serra fort contre elle avant de la faire asseoir sur le siège passager et de la ramener, probablement, chez elle à Vincennes. 

Quant à moi, je restai pantois devant mon immeuble. Je n’avais pas pu me résoudre à monter en voiture avec elles. C’était trop dur. C’était comme une rupture sauf que j’aimais encore Fanny et qu’elle m’aimait aussi. J’étais donc figé, bloqué, à la fois résigné, malheureux et très en colère de la voir partir sans pouvoir agir. Alors c’est comme ça, la mort. On voyait tout, on entendait tout, mais on ne pouvait rien faire. Le voile se glisse entre nous et c’est tout ? Je me sentais pas mal dépité. 

J’attendis encore une journée dans mon appartement. Je revis la fillette en robe blanche et lui demandai même son prénom. « Adèle » m’avait-elle confié. Elle traversa quelques murs de mon appartement et d’autres à mon étage. Elle rit beaucoup et joyeusement. Elle sauta à pieds joints dans le couloir devant ma porte d’entrée. Elle courut aussi dans l’escalier débordante de « vitalité ». Elle me raconta que le bébé de Madame Poncet au premier étage était tout mignon avec elle ! Puis, elle me confia aimer le faire rire et écouter les chansons que sa maman lui chantait pour l’aider à s’endormir. Elle me dit enfin que sa propre maman, son papa et sa grande sœur étaient partis, un jour, sans elle, de leur appartement. Elle ajouta qu’elle ne se souvenait plus du tout où ils étaient allés car elle avait été très affectée par sa maladie et se trouvait donc particulièrement diminuée, le jour de leur départ. Mais elle savait que sa famille l’aimait et, qu’un jour, elle reviendrait la chercher. Alors, le soir, elle remontait dans cet appartement qu’elle occupait, autrefois, avec sa sœur et ses parents et elle les attendait. Elle attendait sa maman.

  • MAMAN !

Ma mère venait justement d’entrer dans mon appartement. Mon père était avec elle également. Ils avaient l’air épuisé, triste, meurtri. Maman se dirigea vers ma chambre à coucher. Elle ouvrit mon placard et jeta un rapide coup d’œil à mon père qui s’était assis sur le canapé. Elle enleva un costume de ma penderie, le bleu marine que je m’étais offert le mois dernier. Elle le regarda de face et de dos et choisit de le poser sur le lit à côté. Elle attrapa ensuite une chemise claire, des chaussettes sombres ainsi qu’une paire de chaussures que j’avais soigneusement cirées et que j’avais récemment fait ressemeler. Elle demanda à mon père de venir l’aider à porter mes affaires et lui annonça qu’ils verraient plus tard pour le courrier. Je les voyais tous les deux, là sous mes yeux, ma mère et mon père, mes piliers de toujours. Je voulais tellement les prendre dans mes bras tour à tour. Mais non. Impossible. Comme Fanny, ils ne me voyaient pas et ne m’entendaient pas. Pour eux, je n’étais pas là. Je ne faisais définitivement plus partie de notre monde.  Ils quittèrent ensuite mon appartement avec mes affaires sous le bras. Je décidai de les suivre et montai avec eux dans leur voiture. Mes parents, c’est quand même eux qui m’avaient donné la vie. Une connexion, un lien invisible nous unissait sûrement. Avec eux, j’arriverai forcément à trouver un moyen de me faire entendre.

(à suivre…)