Mots-clés

, , , , , , ,

Et oui, 10 ans déjà. 10 ans d’absence, 10 ans de long silence… et pas un jour sans que je ne pense à toi.

Tu me manques mais ça tu le sais déjà. Je te l’ai dit dans cette lettre avec laquelle tu es parti dans l’infini.

Je t’ai écrit aussi que j’essaierai d’avancer mais que je n’aurai de cesse de te pleurer.

Tu es parti. Et avec toi, une partie de moi aussi.

Mon deuil a été long. On va dire que je n’ai rien oublié de toi mais que j’ai fini par me faire une raison.

Tu es parti. Un matin très tôt, c’était fini.

Comme ça, d’un seul coup. Du jour au lendemain.

Tu allais commencer ta journée, tu n’étais ni malade, ni hospitalisé. Rien ne pouvait nous y préparer.

Tu es tombé le souffle coupé. Tu es parti pour de bon. 

Les jours, les semaines et les mois qui ont suivi ont été très durs. Je crois que j’étais dans le déni.

Impossible pour moi d’admettre cette tragédie. Ma peine était inouïe.

Ce matin là, en apprenant la nouvelle, j’ai eu le choc de ma vie. 

Mon coeur a sursauté et j’ai senti quelque chose en moi se briser.

Une ancienne voisine en me croisant m’a dit « C’est réconfortant, c’est bien ! Il n’a pas souffert au moins ! ».

Les gens bon sang, les gens… Taisez-vous ! Vous n’en savez rien.

Mon père, mon petit papa chéri est mort.

Et j’ai perdu pied ainsi que l’envie.

Puis, petit à petit, je me suis relevée. Et j’ai appris de nouveau à respirer.

À regarder sans pleurer cette jeune fille « bras dessous-bras dessus » avec son père au détour d’une rue.

J’ai recommencé à sourire, à marcher sans faiblir, à faire des projets, à continuer.

À accepter cette immense peine pour moi dans le regard de mes amis.

À assumer mes propres sentiments aussi, ce déchirement enfoui.

C’est la maman d’une amie d’enfance en me voyant qui lui a dit que même si mon sourire était là, mon regard n’y était pas.

Mes yeux étaient éteints. Mon âme était meurtrie.

10 ans, papa chéri.

C’est long, c’est à peine croyable, mais j’ai réussi.

Je m’en suis sortie. J’ai rencontré mon mari et nous avons un petit bonhomme d’amour, espiègle et joli.

Un petit bout épanoui et tellement plein de vie.

Et la flamme s’est ainsi rallumée. Parce que je me suis accrochée et que j’ai continué d’avancer.

Alors oui, tu es parti. Depuis 10 ans, autrement dit hier dans mon espace-temps.

Mais je sais que tu veilles sur nous de là où tu es aujourd’hui.

Je sais que tu nous souris car je souris aussi.

Je sais aussi que si rien ne dure, il faut absolument profiter de la vie et suivre ses envies.

Je t’embrasse mon petit papa depuis ici bas.

Je t’aime et je pense à toi.

Ta fille chérie.

< « À vous autres, hommes forts et merveilleux qui mettez tant de grâce à vous retirer du jeu. Qu’une main, posée sur votre épaule, vous pousse vers la vie éternelle. » Tennessee Williams >

(Citation que j’avais légèrement corrigée et prononcée aux obsèques de mon papa, il y a tout juste 10 ans.)

DSC_2763

En souvenir de cette danse avec mon père qui avait pris son air sérieux et appliqué pour me plaire… Merci papa. Dans mon coeur de petite fille, c’était le meilleur moment de toute la terre entière.

Publicités