[LECTURE] Mon premier roman « Après la vie », chapitre 10

Bonsoir tout le monde,

Voici le chapitre 10. C’est donc le dernier chapitre que je vous offre de lire gratuitement travers mon blog. À compter de ce soir, il vous faudra patienter jusqu’à la mise à disposition de mon roman sur une plateforme d’édition, ce dont je vous tiendrai au courant à travers un billet à part entière.

J’espère que ce début d’histoire vous a plu. Et je souhaite de tout mon coeur qu’il vous ait donné envie d’en savoir plus quand « Après la vie » sera disponible à la vente.

Vous pouvez d’ores et déjà me laisser un message en commentaire afin d’être prévenu.e en priorité de la sortie de mon roman.

En attendant, je vous souhaite une bonne lecture et une excellente soirée.

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– Après la vie – 

par Ombelline Robin

CHAPITRE 10 – LA DÉSILLUSION

La mère de Mathi s’appelait Corinne. C’était une femme douce et gentille, entièrement dévouée à sa famille et notamment à l’éducation de ses filles, Céline, Alice et Mathilde. Elle leur avait tout donné, tout ce qu’elle n’avait pas reçue étant petite et qu’elle avait à cœur de compenser à travers ses propres enfants. Elle leur avait permis de s’épanouir dans de multiples activités, de fréquenter des écoles privées, de voyager avec elle et son mari aussi souvent et aussi loin qu’ils le pouvaient. Elle aurait pu leur offrir le monde qu’elle l’aurait fait. Puis, les deux filles aînées, sans doute un peu à l’étroit dans cette vie pensée et créée pour elles, à l’image de ce que Corinne s’était forgée d’une enfance heureuse, avaient finalement quitté le nid, chacune leur tour, dès leur majorité. Elles étaient parties poursuivre leurs études respectivement à Reims pour l’une et à Bordeaux pour l’autre. Elles voulaient prendre leur indépendance et vivre leurs propres expériences loin de cette maman omniprésente, mais surtout très envahissante, qui les empêchait, inconsciemment, de se réaliser et découvrir qui elles voulaient devenir. Corinne en avait été très éprouvée mais avait trouvé du réconfort auprès de Mathi qui, elle, était restée une fois sa majorité acquise. Un réconfort écourté au bout de quelques années en raison d’un accident de la route qui coûta la vie à cette enfant chérie. À cette fille dans laquelle elle avait finalement placé tous ses espoirs et tous ses rêves de vie qu’elle-même n’avait pas eu le courage d’entreprendre par manque de moyens et de confiance aussi. Et bien sûr, elle s’effondra complètement sur elle-même, déconnectée de tout et de tout le monde. Sa dépression fut telle qu’elle perdit le lien avec son mari. Un mari, déjà affaibli par le deuil de sa petite dernière, qui ne parvint pas à puiser les ressources suffisantes en lui pour aller chercher sa femme au fond de l’abîme dans lequel elle s’était laissée tomber. Dans lequel elle s’était perdue et abandonnée. 

Mathi me raconta alors comment sa mère, conseillée par une voisine un peu spéciale, alla consulter un médium soi-disant « génial », nommé Nathaniel. Nathaniel reçut donc Corinne dans un petit cabinet froid et obscur du dix-neuvième arrondissement de Paris, à peine un an après son tragique accident. Elle lui donna un bracelet fantaisie ayant appartenu à Mathi afin de lui permettre de la contacter plus facilement dans l’au-delà. Rapidement, tout en palpant le bracelet, il demanda à Mathi de venir le rejoindre afin de communiquer avec sa maman. 

  • J’étais déjà là, tu penses bien vu que je la suivais un peu partout dans ses déplacements. 
  • Et, il ne t’avait pas vue ?
  • Non ! Car c’était un médium de claire-audience… C’est-à-dire qu’il entend les défunts mais ne les voit pas.

Le « téléphone » avait donc réussi à capter sa voix. Au début, il avait un peu près bien retransmis toutes les réponses qu’elle lui avait données aux questions que sa mère posait. Des réponses qui avaient bien entendu rassuré Corinne sur l’identité de sa fille et les talents de Nathaniel. Puis, il avait bifurqué sur un prétendu problème auquel Mathi devait se confronter de son côté. Il avait persuadé sa mère qu’elle était prisonnière entre deux plans ; le plan « terrestre » et le plan « astral ». Et que la raison principale de ce blocage reposait sur le fait qu’elle était partie bien trop tôt avant son heure réelle. Il avait ajouté qu’elle devrait donc bientôt revenir sous la forme d’un nouveau-né proche de l’entourage de Corinne et que cette dernière la reconnaîtrait en temps utile car elle devrait s’en occuper. 

  • Ce salop a complètement détruit le peu de raison qui restait chez ma mère ! Attends qu’il passe de notre côté et tu vas voir l’accueil que je vais lui réserver. Puis, ce n’est pas comme si, ici, on n’avait pas l’éternité pour se défouler, hein ! Je vais lui en faire baver.
  • Mais…Qu’est-ce qui s’est passé ? 
  • Ce qui s’est passé ? Il s’est passé que dans l’immeuble où vit ma mère, une jeune femme qui lui rendait de menus services de temps en temps est devenue maman. Forcément, ma mère a fait une fixette sur son enfant au point qu’elle suivait tous les faits et gestes de cette dernière et de sa fille jusqu’à connaître son emploi du temps par cœur. Et voilà qu’un jour pendant que cette dernière était en train de discuter au parc avec une connaissance, la petite, qui commençait à peine à marcher, s’est éloignée de quelques pas. Ma mère, qui était assise sur un banc à côté en faisant semblant de lire un magazine, en a profité pour attraper la gamine dans ses bras et s’enfuir avec elle à toutes jambes sous le nez d’une dizaine de témoins. 
  • Waouh ! C’est chaud ton histoire. C’est super grave d’enlever un enfant ! Et la police a retrouvé la petite ?

Mathi haussa les épaules.

  • Évidemment. Ma mère n’est pas une experte en enlèvement. Elle a juste pété un plomb ! D’ailleurs, elle n’a même pas été en prison. Elle a fini dans un asile, entourée de déglingués, pendant plus d’une année. Ensuite, elle a été autorisée à ressortir avec l’obligation de s’enfiler une pelletée de cachetons et sous la surveillance d’une assistante sociale et d’une infirmière ! 
  • Bon sang, ça doit être horrible pour toi d’avoir vu tout ça sans pouvoir l’aider.
  • Oui… Mais c’est « la vie ». Moi je suis morte. Je ne peux rien faire. 

Le pire, selon elle, était que ses sœurs n’avaient même pas pris la peine de venir soutenir leur mère. Elles étaient toutes deux restées bien au chaud, planquées dans leurs facs, pendant que son père s’était essoufflé à surmonter sa peine tout en continuant à bosser comme un damné pour tenir à flot son ménage qui était en train de sombrer. Elles avaient carrément tourné le dos à cette mère qu’elles devaient considérer comme « cinglée » et qui allait terminer sa vie seule et désœuvrée au point que Mathi redoutait qu’elle finisse dans la rue à errer en recherchant une petite fille à aimer.

  • Voilà pourquoi je préfère me tenir à distance des « téléphones » ! Tu comprends ?

J’avais compris le message, en effet. Finalement, mieux valait ne pas chercher l’aide d’un intermédiaire. Il était sans nul doute préférable de se débrouiller seul et de rester attentif à son entourage. Je repensai alors à Seb et me décidai à le retrouver vaille que vaille pour tirer au clair les raisons de son absence à mes funérailles.

(Suite prochainement disponible sur une plateforme d’édition en ligne.)

NB : Un très grand MERCI à vous tous et toutes qui m’avez déjà adressé vos likes, vos compliments et vos encouragements en privé ou sur mes réseaux sociaux. ❤

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