[LECTURE] Mon premier roman « Après la vie », chapitre 9

Bonsoir tout le monde,

Voici le chapitre 9 avec encore une surprise ce soir. Si vous souhaitez mettre un visage sur le personnage de Mathi, cliquez ici pour savoir de quelle actrice je me suis inspirée pour son côté légèrement renfrogné, à fleur de peau. ❤

Alors, sympa ou bien ? 😉

Encore une dernière chose, ce chapitre est l’avant-dernier que je vous livre gratuitement sur mon blog. Il y aura encore un dernier chapitre publié demain et ensuite il faudra patienter jusqu’à la mise à disposition de mon roman sur une plateforme d’édition. Je vous tiendrai au courant à travers un billet à part entière.

En attendant, profitez encore un peu de l’histoire… Bonne lecture à vous.

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– Après la vie – 

par Ombelline Robin

CHAPITRE 9 – LES TÉLÉPHONES

Cette après-midi, je passai mon temps à écouter les conversations de mes amis, de quelques autres personnes présentes et je me dévoilai un peu plus à Mathi. Je lui racontai plus en détails mon enfance, mes études, mon job et ma vie à Paris. Je lui confiai aussi mon ressenti sur cette journée, sur l’incroyable aveu de ma cousine au funérarium, sur mes échanges avec les défunts rencontrés et sur l’absence de mon meilleur ami. Je lui dis que c’était le gros point négatif de ma journée. Que cela me contrariait et me peinait en même temps. Que j’attendais que mes potes parlent de lui mais que personne n’abordait le sujet. Mathi m’écouta avec beaucoup d’intérêt. Elle semblait très touchée et très concernée par mes confidences. Elle buvait mes paroles comme si c’était du petit lait. Je devinais alors la solitude qui avait été la sienne pendant toutes ces années et le plaisir qu’elle prenait enfin à discuter avec quelqu’un qu’elle avait connu et qui lui rappelait sans doute sa vie d’avant son accident. 

Elle aussi décida de se dévoiler un peu plus. Elle me parla de ses deux sœurs, de la nouvelle vie de son père, des études qu’elle suivait avant son décès, des projets d’avenir qu’elle avait… Puis, elle jeta un coup d’œil furtif en direction de trois personnes qui bavardaient à côté du buffet et au milieu desquelles se trouvait le curé. Un coup d’œil plutôt discret mais qui ne m’avait pas échappé ce dont elle se rendit tout de suite compte. Je haussai les sourcils tout en lui souriant et lui dis qu’elle n’était pas obligée d’aborder le sujet si elle n’en avait pas envie. Elle hésita quelques secondes puis finit par m’avouer que ce prêtre et elle étaient autrefois « bons amis ».  Et que le revoir ici, la déstabilisait étant donné le soin qu’elle avait pris à se tenir à distance de lui depuis qu’elle était décédée. 

  • « Bons amis » avec un curé ? Mais, c’est glauque ! Et puis, il est vachement plus vieux que toi ! T’étais pas mineure quand même ?
  • Que t’es bête ! Il avait trois ans de plus que moi à l’époque et n’était pas encore prêtre. D’ailleurs, il n’était pas du tout question de prêtrise. Il voulait devenir vétérinaire. 

Je me sentis très bête, en effet. Il y a quinze ans, ce curé devait être forcément plus jeune. Mais le fait est que j’avais encore du mal avec cette fameuse notion de temps. Il fallait que je me rentre dans le crâne que les vivants vieillissaient et que les défunts conservaient l’apparence qui était la leur au moment de leur décès.

  • Véto ? Quel changement de cap ! Qu’est ce qui lui a pris de changer de métier ?
  • Il n’a pas changé de métier. Il n’a jamais terminé ses études de vétérinaires. Après mon accident, il a juste tout arrêté. Il est parti voyager avec un copain pendant six mois en prétextant avoir besoin de faire une pause avant de passer son concours. Et quand il est revenu, il a déclaré à ses parents vouloir faire son séminaire sans donner plus d’explications. Ensuite, j’ai cessé de vouloir le voir et j’ai gardé mes distances vis-à-vis de lui.
  • Mince ! C’est fou cette histoire ! Et, tu n’as jamais eu la curiosité de savoir pourquoi il avait changé ses plans d’avenir ?
  • À quoi bon. Et de toute manière, il est quasiment impossible de savoir. Et si c’était à cause de mon accident, j’aime autant rester dans le floue que de trimballer, en plus, la culpabilité d’un avenir sacrifié.
  • « Quasiment impossible » ! Comment ça ? Tu veux dire qu’il y a une petite possibilité, même infime, de savoir ? 
  • Oui et non… Mais laisse tomber c’est très compliqué et en plus ça me fait suer.
  • QUOI ? Tu me lâches une bombe et tu me plantes là, comme ça ! Ah mais non, non, non ! Je ne vais pas te laisser t’en tirer à bon compte aussi facilement. T’es sensée être mon professeur de « vie après la mort ». Alors, je VEUX savoir.
  • Ce n’est pas que je ne veuille pas te le dire mais c’est que ça doit d’abord être un concours de circonstances où plusieurs bons éléments doivent être réunis en même temps et qu’ensuite la personne accepte de te cracher le morceau. Alors…
  • Mais c’est quoi ton « concours de circonstances » ? Vas-y parle !

Mathi exprima quelque chose qui ressemblait à un soupir puis m’expliqua que certaines personnes parmi les vivants étaient dotées de capacités extra-sensorielles. Autrement dit, elles pouvaient « percevoir » les défunts. Certaines d’entre elles pouvaient sentir une présence, voir une forme se déplacer ou même ressentir les émotions des trépassés. Alors que d’autres, moins nombreux et très difficiles à trouver, pouvaient carrément nous voir et nous entendre avec une grande clarté. Comme les bébés ! Sauf que ces derniers perdaient ce don en grandissant, notamment à partir du moment où leur mental commençait à se développer. La connexion avec notre « monde » était alors interrompue jusqu’au jour où ces êtres nous rejoindraient à leur tour. Elle me dit que les individus qui conservaient ce don toute leur vie durant s’appelaient des « messagers » mais qu’elle préférait les affubler du surnom ridicule de « téléphones ». Qu’ils étaient très difficiles à trouver car rien ne laissait paraître chez eux cette faculté et qu’on pouvait aussi les confondre avec des défunts qui n’avaient pas encore réalisé ou accepté l’idée qu’ils étaient bel et bien décédés et qui se comportaient donc comme des vivants évidemment capables de nous voir et nous parler. Puis, quand bien même on arrivait à en trouver un, qu’il était absolument incertain qu’on parvienne à le convaincre de nous aider à communiquer avec la personne souhaitée. Sans parler du fait que le « téléphone » pouvait déformer toute la conversation en ne transmettant pas correctement les questions posées, en mentant également pour obtenir des renseignements indiscrets ou, pire encore, pour manipuler les vivants et leur soutirer de l’argent. Enfin, dans le meilleur des cas, il fallait aussi que le vivant soit « ouvert », croit tout ce que le « téléphone » soit venu lui rapporter et qu’il accepte de lui répondre avec sincérité. En bref, elle avait raison. C’était laborieux et peut-être même risqué. Il valait mieux laisser tomber cette idée. À moins que…

  • Et les médiums professionnels ?
  • Quoi les médiums professionnels ?
  • Et bien c’est leur métier ! Il doit bien en exister un dans le tas qui pourrait nous aider ?
  • Oh oui, il doit bien exister… Mais va le trouver au milieu de tous les charlatans et les profiteurs ! Et puis, tu fais comment pour faire venir la personne que tu souhaites contacter parmi les vivants ?

Bref, c’était vraiment la fausse-bonne idée. Et Mathi semblait savoir de quoi elle parlait. D’ailleurs, je trouvai qu’elle en savait beaucoup sur le sujet et lui demandai si elle avait déjà fait l’expérience d’un de ces fameux « téléphones ». 

  • J’en ai fait la triste expérience, oui. Et ça a fini d’enfoncer ma mère dans sa dépression et dans sa folle obsession de me voir revenir.

(à suivre…)

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