[LECTURE] Mon premier roman « Après la vie », chapitre 7

Bonsoir tout le monde,

Voici le chapitre 7. Dans ce chapitre, je vous présente enfin le deuxième personnage principal de mon roman « Après la vie ». Vous ne pensiez tout de même pas que j’allais laisser seul ce pauvre Leonardo ! 😉

J’espère que ce personnage vous plaira autant que le récit. Je serai d’ailleurs ravie que vous puissiez me donner votre avis dans les commentaires.

En attendant, je vous souhaite une bonne lecture ! C’est parti, on avance dans l’aventure.

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– Après la vie – 

par Ombelline Robin

CHAPITRE 7 – SÉBASTIEN

Arrivés au cimetière de Vaucresson, on mit mon cercueil en terre sous un ciel plutôt clair. Le type des pompes funèbres proposa aux gens de prendre une poignée de pétales de roses déposées là, dans un grand panier, et de passer devant ma tombe afin de les répandre sur mon cercueil. L’un après l’autre, chacun jeta une poignée de ces pétales rouges, jaunes et rosés dans ma tombe avec une grande déférence. S’en suivit une minute de silence en signe d’ultime recueillement. Puis, mon père prit la parole afin de rappeler aux personnes présentes qu’elles étaient conviées à venir se rafraîchir et se restaurer autour d’un buffet organisé dans le jardin de leur propriété. Je demeurai sur place, quelques minutes, seul face à ma tombe tandis que les gens s’éloignaient. Tout s’était très bien déroulé à l’exception seule de Seb qui n’était pas venu et auquel je ne pouvais plus m’empêcher de penser. Même Thomas, qui avait tenté une nouvelle fois de se rapprocher de Fanny, qui lui avait gentiment signifié qu’elle n’était pas d’humeur, ne suffisait plus à détacher mes pensées de mon meilleur ami.

Sébastien était, en effet, mon meilleur pote depuis une douzaine d’années. Nous nous étions rencontrés sur les bancs du lycée alors que nous n’étions pas dans la même classe. J’étais en filière scientifique tandis que lui prenait le chemin d’un bac littéraire. Rien ne nous prédestinait à devenir les meilleurs amis du monde si ce n’était notre goût immodéré pour le café qui allait bientôt nous rapprocher. Nous passions toutes nos pauses autour de la seule machine à café du lycée. Aussi, le jour où celle-ci tomba en panne, et alors que je commençais à m’agiter de savoir que j’allais passer une journée entière sans mes quatre doses habituelles, Sébastien qui attendait derrière moi dit aux cinq ou six personnes qui étaient là qu’il préférait sécher un cours et aller boire un café en ville plutôt que de moisir dans ce bahut sans une goutte de caféine dans les veines pour tenir le rythme. Et il partit avec son sac à dos sur l’épaule en direction de la sortie. Personne ne le suivit. Enfin, personne sauf moi. Il me fallait au moins un café alors tant pis pour le cours d’Histoire de Monsieur Novak. De toute manière, je n’en avais rien à faire de ce cours. Puis le prof était nul. 

Je le rattrapai avant de passer la porte de sortie et me présentai à lui. Il me toisa bizarrement car il savait que j’étais en première S. Les matheux ne se mélangeaient jamais avec les littéraires et je vis bien qu’il se demandait ce que je faisais là à vouloir partager un café avec lui. Il me répondit qu’il s’appelait « Sébastien ». Et pendant que nous marchions jusqu’au bistrot le plus proche, je lui racontais que j’étais un inconditionnel du café depuis que ma mère, accroc au ristretto, m’en avait fait goûté l’an passé. Je lui avouai que si je n’avais pas ma dose quotidienne, je devenais irascible avec des coups de barre à n’en plus finir. Et je tentais ainsi de briser la glace en lui énumérant mes autres passions culinaires, cinématographiques, musicales et sportives. Mais lui ne disait rien. Il m’écoutait et me jetait des coups d’œil en biais jusqu’à ce qu’il ait enfin bu sa première gorgée. Nous étions installés au comptoir d’un bistrot du quartier quand il dit enfin qu’il ne partageait aucune de mes passions. Il critiqua sans ménagement mes goûts musicaux et cinématographiques et me dit que je n’y connaissais rien. Et que si je voulais me faire une vraie culture ciné et musicale, il me proposait un décrassage intensif à l’occasion de quelques week-ends chez lui ou ailleurs pour découvrir « le monde ». C’est qu’il était prétentieux le bougre ! Et il ne manquait pas d’aplomb. J’étais curieux de nature et je voulais découvrir ce qui se cachait derrière la belle assurance de ce dandy aux allures de rebelle qui voulait me faire la leçon. J’acceptai donc sa proposition comme un challenge qui allait marquer le début d’une amitié survoltée, mêlée à la fois d’admiration et de dualité. Une amitié cependant forte avec une belle complicité.

Alors que j’étais en pleine interrogation, perdu au milieu de mes pensées, un homme probablement âgé d’une cinquantaine d’années s’adressa à moi pour me demander si je n’avais pas croisé sa femme, une grande brune en robe de soirée. Il était vêtu comme au début du siècle dernier, en costume avec un monocle rangé dans sa pochette avant de veste qui en dépassait à moitié. Il avait les cheveux impeccablement coiffés, gominés et lissés de chaque côté d’une raie nette et bien centrée. Je lui répondis que non et lui demandai depuis quand il était décédé. Il se racla bruyamment la gorge, fit un pas en arrière, me regarda de travers avant de s’éloigner en se retournant pour vérifier que je n’avais pas bougé. Puis, il accéléra le pas et disparut derrière le cyprès situé à côté de l’entrée. Encore un qui n’avait sans doute pas compris qu’il était passé de l’autre côté et qui allait sans doute consacrer son éternité à chercher sa moitié.

Je me hâtai de rejoindre mes parents, Ava et mon frère qui était en train de démarrer la voiture. J’allais monter et m’asseoir dans le véhicule quand je sentis une main se poser sur mon épaule et me retenir en arrière. Je me retournais stupéfait et découvris une jeune femme dont les traits me semblaient familiers. 

  • Leonardo ? C’est bien toi n’est-ce-pas ? Tu es Leonardo ?

Elle était blonde avec les cheveux courts. Elle portait de grands anneaux aux oreilles, un t-shirt court qui lui arrivait au-dessus du nombril et un jean super slim avec des baskets à semelles compensées. Puis, elle me sourit et dis qu’elle était soulagée de croiser enfin le chemin de quelqu’un qu’elle connaissait. Sauf que je n’arrivais pas à me rappeler où je l’avais rencontrée ni qui elle était.

  • Excuse-moi, mais tu es qui ? 
  • C’est moi, Mathilde ! 
  • Mathilde… ?
  • Oui ! Mathi si tu préfères. Je t’ai donné des cours de guitare quand tu avais douze ou treize ans. Et puis, tu as laissé tomber je crois. Enfin, c’est ce que ta mère m’avait dit à l’époque.
  • Mathi ! Oui, je me souviens, Mathi ! Mais, c’est fou ça ! Tu n’as quasiment pas changé. Tu fais même plus jeune que moi.

Mathi m’expliqua qu’elle avait eu un accident de voiture avec sa meilleure amie alors qu’elle était âgée de vingt-et-un ans. Elle seule ne s’en était pas tirée. Elle me dit aussi que depuis ce moment fatidique, elle n’avait jamais quitté le quartier pour être proche de sa mère qui était tombée dans une profonde et longue dépression à la suite de son décès. Une tragédie selon elle qui avait provoqué le départ de son père qui n’avait pas trouvé la force de surmonter cette épreuve en plus de la perte de sa fille cadette. Ses parents avaient donc divorcé. Et sa mère était toujours en vie mais sous traitements médicamenteux et suivi psy depuis tout ce temps, autrement dit, depuis une quinzaine d’années. 

  • Quinze ans ! Ça fait quinze ans que t’es morte et que t’es toujours dans le quartier ?
  • Eh oui. Mais tu sais le temps, ce n’est pas la même chose que quand t’es vivant. C’est comme pour les déplacements. Tu peux être ici et chez toi en une fraction de seconde… alors tu vois, c’est très relatif…
  • Hein ? En une fraction de seconde ? Mais de quoi tu parles ? 

Elle me sourit et comprit aussitôt que j’étais fraîchement de la partie. Selon elle, je n’avais pas encore découvert mes possibilités car j’étais comme « un jeune premier » qui venait tout juste de débarquer. J’avais donc encore beaucoup de choses à apprendre puis à désapprendre et elle était ravie de pouvoir m’aider. Elle serait donc à nouveau comme une professeure pour un ancien élève, cette fois-ci, plus âgé qu’elle. Enfin, en apparence seulement.

(à suivre…)

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