[LECTURE] Mon premier roman « Après la vie », chapitre 6

Bonsoir tout le monde,

Voici le chapitre 6. Les funérailles de mon personnage principal touchent bientôt à leur fin tandis qu’une première intrigue émerge enfin… Quelle est-elle ?

Allez vite la découvrir car, à compter de ce chapitre, la grande aventure commence avec des rencontres intéressantes et des expériences troublantes…

Bonne lecture !

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– Après la vie – 

par Ombelline Robin

CHAPITRE 6 – TOUT LE MONDE

Elle s’appelait Evelyne et elle était décédée à cinquante-huit ans d’une overdose de somnifères. Elle me raconta que son mari l’avait quittée quelques mois plus tôt pour une femme beaucoup plus jeune qu’elle. Une histoire tout à fait banale selon ses propres dires. Mais qui l’avait démolie car elle avait consacré toute sa vie à cet homme, à prendre soin de lui et de leur relation commune. Elle avait entretenu sa maison afin qu’elle soit le reflet d’un parfait accomplissement de parcours de vie. Qu’elle soit à l’image des ambitions de ce mari parfait en apparence mais volage… Un homme qui ne lui avait rien donné d’autre que son nom et le privilège d’être à sa disposition. Pas un enfant n’était né de cette union. Elle confessa alors qu’elle n’en avait rien retiré de bon. Et même une profonde déception. Puis surtout, elle s’en voulait. Elle se reprochait d’avoir été la complice d’un mariage de façade. Elle regrettait l’énergie et l’entêtement qu’elle avait déployés à son propre détriment. 

  • On est toujours un peu responsable de ses tourments, vous savez. Et ce n’est que lorsque le voile de la vie est levé qu’on se rend compte des choix que nous avions la possibilité de faire et à côté desquels nous sommes passés. 

Je lui demandai ce qu’elle faisait ici et s’il y avait une porte de sortie, ou un chemin quelconque vers le paradis. Elle me répondit que ce funérarium appartenait à son amour de jeunesse. Un homme qu’elle aurait dû avoir le courage d’entreprendre de son vivant mais qu’elle avait laissé filé par manque de confiance en elle. Elle m’avoua l’avoir cherché longuement avant de le retrouver. Et qu’elle attendait, chaque jour, de le voir arriver pour superviser les comptes et vérifier le travail des salariés. Elle adorait être juste là, à côté de lui, à s’imaginer la vie qu’ils auraient pu partager. Elle me dit aussi qu’elle n’avait pas trouvé d’autres endroits où aller, qu’aucun « passage » ne s’était ouvert mais qu’elle en avait entendu parler de la part d’un autre défunt croisé à ses propres funérailles. Selon cet homme, on accédait à un autre lieu de « vie » à partir du moment où nous avions franchi « un cap » sur le deuil de notre propre existence… Puis, son regard se tourna vers ma mère qui suivait un cercueil. Elle me dit que c’était le mien et que je devais à présent me hâter afin de ne pas rater la cérémonie à l’église. Et tandis que je me levai pour rejoindre les autres, elle me lança que j’avais l’air gentil et que c’était dommage que j’aie été arraché aussi tôt à la vie.

Sur le chemin de l’église, assis entre ma mère et Ava, je tentais de rassembler mes idées. Je repensai à Fanny, à ses adieux, et puis à ma cousine Émilie aussi. Cette peste d’Émilie, amoureuse de moi. Non mais ça n’allait vraiment pas, celle-là ! Une cinglée, oui ! Comment avait-elle pu s’imaginer avec moi… Rien que d’y penser, j’en avais la nausée. Il fallait vraiment que ses parents la fassent soigner. J’étais franchement dégoûté…

  • Mais quelle tarée !

Et moi qui était là, désemparé après avoir entendu ma mère, mon père et mon frère me dire tout l’amour qu’ils me portaient. Après avoir écouté ma Fanny me dire adieu, mon âme suspendue à ses lèvres et ses magnifiques yeux verts comme s’ils étaient mon dernier espoir… Et vlan ! Voilà l’autre qui gâchait tout ! Je ne savais pas pourquoi, mais je les sentais moins bien ces funérailles tout à coup. Je me trouvai de moins en moins confiant dans la suite des événements.

Marco gara la voiture sur le parking de l’église juste en face du corbillard. Il fut ensuite convié, en même temps que mon père et mon oncle, à porter mon cercueil jusque dans l’église. C’était sympa ça ! Je trouvais cela vraiment touchant. Je suivis le mouvement derrière le cortège que formaient le curé, mon cercueil, ses porteurs, ma mère, Ava, ma tante, ma cousine Émilie, Fanny ainsi que ses parents. Nous pénétrâmes dans l’église et je découvris avec plaisir la foule qui s’était déplacée pour mon enterrement. Je balayai du regard l’assemblée pendant que ma famille et Fanny s’installaient dans les deux premiers rangs. J’y repérai des potes que je n’avais pas vus depuis longtemps. 

  • Whaaa ! C’est cool ça ! Merci d’être venus les gars.

Il y avait même quelques collègues à partir du septième rang. 

  • Non mais j’espère que cet enfoiré de Carl n’a pas suivi le mouvement… Ah non… je ne crois pas. C’est bon, je ne le vois pas. Tu m’étonnes qu’il ne soit pas venu celui-là ! Gros naze un jour, gros naze toujours. Eh bien comme ça, au moins, c’est clair. 

Soulagé, je remarquai ensuite tout plein de visages familiers. 

  • Oh ! Mais ce n’est pas possible… ce ne serait pas mes copains d’école, là-bas, au sixième rang ? Tiphaine Gillet, Jérôme Chabert, Claire Dutertre, Antoine et Bruno Fleuret, les jumeaux ! 

C’était très chouette de leur part d’être présents. J’étais super content. 

  • Alors, voyons voir un peu, si je compte bien. Il doit y avoir sept personnes par ligne dans chaque rangée de gauche et de droite, multipliées par cinq, dix, quinze, seize lignes, multipliées par deux rangées, ce qui nous fait donc un peu plus de deux-cent-vingt personnes présentes. Oh, mais ce n’est pas mal ça ! Je suis bon là ! La classe, les gars. Plus populaire que moi, j’vois pas. 

Je me trouvai plutôt fier du décompte que je venais de réaliser. Mais, je ne distinguais pas encore les meilleurs. Où étaient donc mes précieux ? 

  • Pas là… Et ici non plus…  Ah, si ! Voilà Camille qui est assise au quatrième rang ! Yes ! Et juste à côté, ça doit être Simon ? Ouiii, t’es là aussi mon pote. Et puis voilà, Audrey, Cédric, Laurence, Frédo… Et naaan ! Thomas ! Pfff, n’importe quoi. Il me gave celui-là. Un vrai faux-cul de première.  

J’étais contrarié. Revoir ce type à mes funérailles venait salement de me piquer.

  • Alors, ça va mon gars ? T’es content d’être là ? Tu penses pouvoir réconforter ma Fanny, c’est ça ? T’inquiètes ! Elle ne veut pas de toi. Elle ne t’aime pas et ne t’aimera jamais. Oh, tu peux toujours porter des lunettes de soleil… Ça ne prend pas. Espèce de vautour va ! 

Mais pourquoi, Seb ne l’avait-il pas dégagé de l’église ? Et d’ailleurs, où était Seb ? 

  • Seb… Seb… J’te vois pas. Ce n’est pas possible, t’es forcément là. T’es où mon Seb ? Allez, ne te fais pas désirer… Tu n’es pas au troisième rang, ni au second… Ne me dis pas que tu t’es mis dans le fond ? 

J’avançais dans l’allée centrale en scrutant attentivement chaque visage dans les rangées de gauche et de droite alors que la bénédiction avait déjà bien commencé. Quelques prières et discours élogieux s’étaient succédé, mais je ne trouvais pas Seb, autrement dit Sébastien, mon meilleur pote. J’espérais alors qu’il avait eu du retard et qu’il finirait par franchir le seuil de la porte et se précipiter vers un pupitre pour dire, à tout le monde, à quel point il était désolé et complètement effondré. Je voulais qu’il dise à tous qu’il m’aimait, qu’il me considérait comme un frère et que j’étais un mec extraordinaire. Mais plus la bénédiction avançait, plus je désespérais de le voir surgir et me rendre un dernier hommage. En fin de compte, tous mes proches se levèrent et vinrent, tour à tour, bénir mon cercueil avant d’aller se rasseoir et essuyer leurs larmes. Le curé prononça les mots de la fin entre quelques sanglots épars qui pointaient, de temps à autre, au milieu de l’assemblée. Puis, ce fut terminé. On porta de nouveau mon cercueil jusqu’au corbillard pendant que ma mère, mon frère et mon père recevaient des témoignages de sympathie de toute part. Et Seb n’était finalement jamais arrivé. 

J’étais énervé, déconcerté et en même temps inquiet. Mais qu’est ce qui avait bien pu lui arriver ? Mon meilleur pote absent de mon enterrement… Ce n’était pas possible. Alors que je me tenais sur le parvis de l’église, à côté de Fanny, à fustiger du regard Thomas qui faisait mine de ne pas trop la regarder, et qui attendait le bon moment pour s’imposer et venir la coller pour le restant de la journée, je ne pouvais pas m’empêcher de penser à Seb. Je vis alors ma bande de potes s’approcher de Fanny. Audrey la prit dans ses bras en premier. Camille lui posa une main sur l’épaule. Et Laurence se joignit à elles trois dans la foulée. 

  • Merci les filles, c’est super sympa pour elle et pour moi. Vous êtes des copines en or, je vous adore. 

Cédric lui fit une bise rapide et Frédo lui prit la main qu’il enferma aussitôt dans les siennes avant d’y déposer un baiser d’un air totalement bouleversé. L’un était peu démonstratif et pas très chaleureux tandis que l’autre était un vrai nounours. Mais ces deux-là partageaient des qualités communes qui faisaient d’eux des potes géniaux. Ils étaient fiables, sincères et très impliqués en amitié. Puis, il y eut Thomas qui rappliqua à son tour tandis que mon sensible de Simon resta un peu à l’écart. Il regarda Fanny dans les yeux et l’étreignit sans prévenir. Cédric lui tapota gentiment l’épaule histoire de lui faire lâcher prise et de permettre à Fanny, qui semblait figée, de respirer un peu. Thomas la lâcha à contre cœur non sans lui avoir claqué une bise « dégueulasse » sur le front !

  • Allez, dégage la ventouse ! T’as pas honte de te jeter comme ça sur elle à mon enterrement ? Pauvre tache ! Mais vas-y dégage !

Tandis que Cédric, qui étaient plutôt costaud, attrapa Thomas pour l’éloigner un peu, je restai à côté de mes potes pour écouter leurs conversations et tenter de savoir ce qui était arrivé à Seb. Audrey demanda à Fanny si elle voulait s’asseoir quelques minutes dans la voiture avant de partir pour le cimetière mais Fanny refusa. Laurence donna un mouchoir à Camille qui ne pouvait s’empêcher de pleurer dès qu’elle regardait dans la direction de mes parents. Frédo la prit dans ses bras au moment où Simon approcha. Et c’est Fanny qui fit le premier pas vers lui pour l’embrasser sur la joue. Simon resta muet tant il était ébranlé par la situation et la douceur de Fanny puis un long silence chargé de peine se répandit entre mes amis. Un silence brisé, quelques minutes plus tard par un employé des pompes funèbres qui invita les personnes présentes à reprendre leur véhicule pour suivre le corbillard jusqu’au cimetière.

(à suivre…)

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