[LECTURE] Mon premier roman « Après la vie », chapitre 3

Bonsoir tout le monde !

Avant de vous livrer le chapitre 3, je voudrais répondre à certain.e.s d’entre vous qui m’ont demandé où et comment se procurer l’intégralité de l’histoire. Alors, je suis en train d’étudier les plateformes d’édition en ligne et n’ai pas encore fait mon choix. Mais dès que j’aurai avancé dans mes démarches, je vous tiendrai au courant. 😉

En attendant, je vous souhaite une bonne lecture à la découverte de Leonardo et ses proches.

Ah, j’allais oublié… Pour écrire, j’ai besoin de visualiser. Aussi, lorsque j’ai imaginé Leonardo, j’ai pensé à un acteur qui pourrait bien le représenter. Je vous invite à cliquer ici pour découvrir l’heureux élu qui m’a inspirée. 😉

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– Après la vie – 

par Ombelline Robin

CHAPITRE 3 – LES AUTRES

Ils s’arrêtèrent d’abord aux pompes funèbres. Ils sortirent de la voiture avec mes affaires et partirent les déposer dans une salle que la dame de l’accueil leur avait indiquée. Ma mère lui avait ensuite demandé à me voir. La dame avait donc conduit mes parents jusqu’à la chambre réfrigérée. J’allais enfin retrouver mon corps. Je ne savais pas encore ce que je devais en penser mais la curiosité était tellement forte qu’elle me poussa jusqu’à cette table où l’on m’avait allongé. 

Je me découvris donc mort. Je n’arrivais pas à définir si mon teint était gris ou juste terne. Mais, j’arrivais tout de même à me reconnaître. C’était bizarre comme sensation. J’étais là, debout, bien « vivant » et en même temps, j’étais allongé, immobile et muet. Bonjour l’effet !  On aurait dit que mon corps n’était plus qu’une coquille vide sans chaleur. Ma mère regardait aussi ce corps. Elle n’avait pas l’air bien. Elle alla s’asseoir un peu plus loin et je la vis verser des larmes d’incompréhension et de douleur. Ma petite maman. Si fière et pourtant si fragile à cet instant, devant le corps vide de son enfant. Ce déferlement de peine m’affecta si intensément que je tentai vainement de la réconforter en lui adressant quelques mots. 

  • Mais je suis toujours là, maman ! Ne pleure pas ! Je t’en prie, maman. Ne renonce pas.

Comme chacun s’était un peu éloigné de ma dépouille, je décidai de tenter une expérience. Je montai sur la table et m’allongeai dans la même position que mon corps. J’essayai de me glisser à l’intérieur et de reconnecter « la machine ». C’était bon, j’étais allongé et calé dans la même position. Mais comment fallait-il que je m’y prenne pour rebrancher les circuits, maintenant ? Hein, comment ? Je réfléchis et tentais encore la colère… 

  • Allez Carl, assume donc que t’es qu’un type naze… Hein, espèce de gros naze. Un minable mais bien naze ! Un vrai naze, HYPER NAZE ! 

Bon, ça ne marchait pas. Ça ne devait pas être comme ça. Je me concentrai à nouveau quand une nouvelle idée me traversa l’esprit. C’était avec l’amour que l’on créait la vie, alors ça devait être l’amour le moteur. Je réalisai cela confus et soudainement inspiré. Je tentai alors un nouvel essai.

  • Fanny ma chérie, je t’aimerai toujours, tu sais. Et puis, mes parents aussi. Mon frère aussi. Et puis mes potes ! Enfin, non pas Thomas. Celui-là, c’est le seul qui ne me manquera pas. Et j’aimerai aussi mes futurs neveux ou nièces. Bon sauf, s’ils deviennent des crétins finis comme ma cousine Émilie. Quelle mauvaise, celle-ci ! Et dire qu’elle a volontairement cassé le vase en cristal de ses parents, le jour de ses douze ans, juste pour avoir le plaisir de me voir me faire engueuler à sa place ! Quelle peste ! Raaah ! Mais bon sang, tu vas te connecter toi !

Je n’y arrivais pas. Ça ne marchait pas. Je me rassis mais mon enveloppe terrestre ne bougea pas. De toute façon, vu son état, j’aurais eu l’air de quoi ! D’une espèce de Franckenstein avec les cicatrices en moins ? Ah bah, ça aurait sûrement fini d’achever ma mère, ça tient !  Je décidai donc de laisser tomber et me résignai à abandonner ma dépouille aux mains du personnel de l’établissement. 

  • Salut toi ! C’était bien d’être toi. Trop court, mais bien. Mais, quand même vraiment très court…

Mes parents sortirent de la pièce. Ils échangèrent quelques mots avec la dame de l’accueil qui les avait accompagnés pendant que j’observais une autre famille se diriger vers la chambre réfrigérée suivie de près par un vieux monsieur agité. Celui-ci tentait en vain de leur parler mais aucun des membres de cette famille ne lui répondait. Il pestait, il grondait, mais rien n’y faisait. Et puis, il y avait cette femme en peignoir, assise sur un banc, dans le hall de l’entrée, qui était déjà présente, à notre arrivée. Elle s’était levée et dansait toute seule au son de la musique qui émanait, semble-t-il, d’une salle de recueillement à côté. Il y avait aussi cet adolescent craintif, en blouse d’hôpital, qui se cachait au bout du couloir. Il observait le hall d’entrée comme s’il guettait l’arrivée de quelqu’un. Et dès que je jetai un coup d’œil dans sa direction, il disparaissait dans l’ombre du couloir, sans doute effrayé par la vue d’un étranger qui pouvait le voir. Ils étaient tous les trois morts, c’était sûr. Et peut-être même qu’ils l’ignoraient encore. 

Mes parents remontèrent ensuite dans leur voiture. Je pris place à l’arrière et mon père nous conduisit à la maison que mes parents avaient achetée à Vaucresson lorsque j’avais deux ans, une charmante demeure où mon frère et moi avions vécu toute notre enfance. 

Mon père déposa d’abord ma mère devant la porte de la maison. Il dirigea, ensuite, la voiture vers le garage au bout de l’allée. Je restai avec lui tout en admirant, à travers les vitres du véhicule, les magnifiques fleurs tout juste écloses dans le jardin tout autour. Je le regardai actionner la télécommande qui ouvrait la porte du garage, rentrer la voiture, couper le moteur, serrer le frein à main, retirer la clé et déboucler sa ceinture de sécurité. Puis, il ne bougea plus. Il resta assis, les portes fermées, le regard fixé sur le tableau de bord face à lui. Je m’avançai pour voir ce qu’il regardait mais je ne repérai rien de particulier. Étonné, je me tournai alors vers lui et je compris. Il pleurait.Nous restâmes dans la voiture au moins pendant vingt bonnes minutes. Vingt longues minutes où je vis mon père pleurer. C’était la deuxième fois que je le voyais dans cet état. La première fois, c’était quand Mamé avait rendu son dernier souffle. Cela m’avait profondément marqué à l’époque. Mon frère et moi n’avions jamais pu oublier ce moment-là. Notre père avait toujours été fort face aux épreuves qui avaient touché notre famille. Le voir aussi ébranlé par la disparition de Mamé, ça nous avait bouleversés. Par pudeur et aussi par respect pour lui, mon frère et moi n’en avions plus jamais parlé. Nous n’avions plus jamais osé prononcer même le nom de « Mamé » en sa présence. Mais cette fois-ci, il s’agissait de moi. Mon père pleurait pour moi. J’étais paralysé, complètement désemparé et je ne pouvais rien faire d’autre que de rester là à attendre. J’attendais qu’il aille mieux. Alors, moi aussi j’irai mieux. 

(à suivre…)

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