[LECTURE] Mon premier roman « Après la vie », chapitre 2

Bonjour à toutes et tous,

Merci pour le superbe accueil que vous avez réservé au chapitre 1 de mon roman. Comme promis sur les réseaux sociaux, je vous livre aujourd’hui le chapitre 2. En vous souhaitant une bonne découverte et une bonne lecture. 😉

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– Après la vie – 

par Ombelline Robin

CHAPITRE 2 – MES PROCHES

Dès le lendemain, vers midi, j’entendis quelqu’un tourner la clé dans la serrure de la porte d’entrée de mon trente-cinq mètres carré. Mon « deux pièces », pour être plus précis. Un appartement que j’avais pu acquérir grâce à un petit héritage laissé à mon nom par mes grands-parents. Mon père avait, en effet, perdu ses parents il y a dix ans. Je m’en souvenais encore comme si c’était hier. Mon frère et moi étions les petits-enfants préférés de Mamé et Papé. Sur leur testament, ils nous avaient donc protégés en mettant de côté pour nous une coquette somme d’argent. Mon frère, l’aventurier de la famille, s’était servi de son héritage pour voyager. Et moi, l’aîné, le casanier, j’avais investi dans un logis. J’étais du genre « fourmi ». Je ne supportais pas l’idée de dépenser mon argent dans des futilités. Je voulais faire en sorte qu’il puisse toujours me rapporter. Et puis, j’avais trouvé cet appartement sur le conseil d’un ami et j’avais été très vite conquis. Bien sûr, j’avais dû un peu emprunter pour financer mon achat dans sa totalité, mais cela ne m’avait pas dérangé. Et puis, comme il y avait déjà Fanny dans ma vie, je savais que cet appartement serait un peu comme notre nid. Je souhaitais qu’elle et moi y partagions des moments rien qu’à nous, plutôt que chez sa sœur ou sous le toit de mon ex-colocataire. C’était chouette la vie de couple avec ma Fanny. Il est vrai qu’elle ne rangeait pas grand-chose, mais maintenant que j’étais mort, je me rendais compte que cela me manquait aussi.

  • FANNY ! C’EST TOI, FANNY ! MA CHÉRIE !!

Évidemment, elle ne me voyait pas et ne m’entendait pas non plus. Qu’est-ce que je croyais. Il allait bien falloir que je m’enfonce cette idée dans le crâne : « T’es MORT, mon gars ! ». Mais que faisait-elle ici ? 

  • Rolala, tu n’as pas bonne mine, ma chérie. Mais tu pleures… Oh non, ne pleure pas, je t’en prie. Je suis toujours ici. 

Il fallait qu’elle sache que je n’étais pas parti. Il fallait que je trouve rapidement un moyen de lui montrer que j’étais là. J’étais si pressé d’y arriver et j’avais les idées tellement emmêlées que je tentai encore une fois de me fâcher. 

  • Carl est un gros naze ! C’est vraiment le pire des gros nazes ! Mais un GROS NAZE DE CHEZ NAZE !!!

« Pof ! »

  • Bon sang !! Mais c’est quoi ce « pof » ridicule ! FANNY !! JE SUIS LÀ, CHÉRIE !!

Tandis qu’elle regardait cette photo de nous scotchée sur le frigo, prise l’an dernier en vacances à la Trinité-sur-mer, je m’efforçai de faire tomber un objet ou de créer n’importe quel bruit qui pourrait la rassurer et lui indiquer ma présence. Mais, rien ne se produisit. Et elle ne réagit pas non plus au léger bruit du coussin dans lequel je venais de frapper. Je me sentais alors complètement défait, encore pire que dégoûté. J’étais là mais sans aucun pouvoir pour la réconforter. Si seulement, je pouvais lui dire qu’on ne mourrait pas totalement, qu’on était juste différent. Et surtout, qu’on était toujours aux côtés des vivants. 

Elle ramassa ses vêtements dans ma chambre puis les jeta dans une valise qui était posée là, dans un coin, à côté du lit. Elle récupéra sa brosse à dents et ses crèmes entreposées dans la salle de bain. Elle prit aussi notre photo, un de mes t-shirts dans le panier à linge ainsi que mon mug préféré dans l’évier du coin cuisine. Elle regarda une dernière fois autour d’elle, le visage gonflé de larmes. Puis elle déposa sa clef sur l’étagère de ma petite entrée avant de sortir de l’appartement en claquant la porte derrière elle. Je la suivis, ma Fanny, jusqu’en bas de l’immeuble où sa sœur, Zoé, l’attendait dans sa voiture stationnée tout juste en face devant la boulangerie. Sa sœur l’aida à mettre sa valise dans le coffre pendant que Fanny fixait les fenêtres de mon appartement au deuxième étage. Puis, elle la serra fort contre elle avant de la faire asseoir sur le siège passager et de la ramener, probablement, chez elle à Vincennes. 

Quant à moi, je restai pantois devant mon immeuble. Je n’avais pas pu me résoudre à monter en voiture avec elles. C’était trop dur. C’était comme une rupture sauf que j’aimais encore Fanny et qu’elle m’aimait aussi. J’étais donc figé, bloqué, à la fois résigné, malheureux et très en colère de la voir partir sans pouvoir agir. Alors c’est comme ça, la mort. On voyait tout, on entendait tout, mais on ne pouvait rien faire. Le voile se glisse entre nous et c’est tout ? Je me sentais pas mal dépité. 

J’attendis encore une journée dans mon appartement. Je revis la fillette en robe blanche et lui demandai même son prénom. « Adèle » m’avait-elle confié. Elle traversa quelques murs de mon appartement et d’autres à mon étage. Elle rit beaucoup et joyeusement. Elle sauta à pieds joints dans le couloir devant ma porte d’entrée. Elle courut aussi dans l’escalier débordante de « vitalité ». Elle me raconta que le bébé de Madame Poncet au premier étage était tout mignon avec elle ! Puis, elle me confia aimer le faire rire et écouter les chansons que sa maman lui chantait pour l’aider à s’endormir. Elle me dit enfin que sa propre maman, son papa et sa grande sœur étaient partis, un jour, sans elle, de leur appartement. Elle ajouta qu’elle ne se souvenait plus du tout où ils étaient allés car elle avait été très affectée par sa maladie et se trouvait donc particulièrement diminuée, le jour de leur départ. Mais elle savait que sa famille l’aimait et, qu’un jour, elle reviendrait la chercher. Alors, le soir, elle remontait dans cet appartement qu’elle occupait, autrefois, avec sa sœur et ses parents et elle les attendait. Elle attendait sa maman.

  • MAMAN !

Ma mère venait justement d’entrer dans mon appartement. Mon père était avec elle également. Ils avaient l’air épuisé, triste, meurtri. Maman se dirigea vers ma chambre à coucher. Elle ouvrit mon placard et jeta un rapide coup d’œil à mon père qui s’était assis sur le canapé. Elle enleva un costume de ma penderie, le bleu marine que je m’étais offert le mois dernier. Elle le regarda de face et de dos et choisit de le poser sur le lit à côté. Elle attrapa ensuite une chemise claire, des chaussettes sombres ainsi qu’une paire de chaussures que j’avais soigneusement cirées et que j’avais récemment fait ressemeler. Elle demanda à mon père de venir l’aider à porter mes affaires et lui annonça qu’ils verraient plus tard pour le courrier. Je les voyais tous les deux, là sous mes yeux, ma mère et mon père, mes piliers de toujours. Je voulais tellement les prendre dans mes bras tour à tour. Mais non. Impossible. Comme Fanny, ils ne me voyaient pas et ne m’entendaient pas. Pour eux, je n’étais pas là. Je ne faisais définitivement plus partie de notre monde.  Ils quittèrent ensuite mon appartement avec mes affaires sous le bras. Je décidai de les suivre et montai avec eux dans leur voiture. Mes parents, c’est quand même eux qui m’avaient donné la vie. Une connexion, un lien invisible nous unissait sûrement. Avec eux, j’arriverai forcément à trouver un moyen de me faire entendre.

(à suivre…)

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