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Bonjour tout le monde !

Je reviens, aujourd’hui, vers vous avec une attention particulière. Je voudrais, en effet, vous offrir l’un des plus importants passages du manuscrit que j’ai écrit. Ce sera mon cadeau de St Valentin, comme un message d’amour pour toutes et tous.

Pour la petite histoire, je n’ai pas encore reçu tous les retours suite à l’envoi de mon texte aux éditeurs que j’ai choisis. Mais je garde espoir et ferai tout mon possible pour que vous puissiez bientôt le lire. 😉 #Hope&Faith

Je ne vais volontairement pas vous situer le contexte de ce passage, ni vous parler de mes personnages de sorte à ce que vous puissiez vous-mêmes « combler les blancs » et que le récit puisse ainsi remplir tout votre imaginaire en le lisant.

Je vous souhaite une bonne découverte.

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Extrait de mon manuscrit « Après la vie » , oeuvre déposée et protégée (reproduction complète ou partielle strictement interdite) :

– Et bien écoutez, enchanté de vous rencontrer ! C’est une sacrée surprise votre visite. Et vous voudriez donc que je vous dise pourquoi je suis devenu prêtre ?

– Oui ! Dans une lettre que ma petite cousine m’avait écrite, elle m’avait confié que vous souhaitiez devenir vétérinaire ?

– C’est exact. Tout à fait. Je suis bien étonné d’apprendre qu’elle entretenait une correspondance avec vous alors que vous n’étiez plus proches…

– Oui, oui… Heu… on s’écrivait deux fois l’an.

Mathi porta cette fois-ci ses deux mains sur sa tête d’un air complètement effaré. J’étais, pour ma part, très amusé.

– Et voyez-vous mon père, chaque année, à la date anniversaire de sa mort, je fais le même rêve d’elle. Je la vois triste et très pâle. Elle me montre des images de petits chats et de petits chiens blessés, qui miaulent, qui pleurent et qui jappent de douleur car ils ne trouvent pas de soigneur… Alors, comme ma tante m’a dit que vous étiez devenu curé, j’ai pensé que Mathi n’était pas tranquille avec votre changement de carrière.

J’éclatais de rire face au regard désespéré de Mathi et au récit que venait de nous livrer Claire. Oh bon sang ! C’était grandiose. Je savourais la spontanéité et l’audace de cette prose.

Le père Julliard sembla tout aussi amusé par ce « rêve » étrange. Il sourit à Claire, but une gorgée de bière et marqua une pause tout en fixant son regard sur les petites bulles qui remontaient à la surface de son verre.

– Mathi était une jeune femme absolument formidable vous savez. Elle était lumineuse presque solaire et toujours en mouvement. Il fallait avoir de l’énergie à revendre pour la suivre. Elle sortait souvent et en même temps elle était si dévouée à ses parents et notamment à sa maman. Elle m’impressionnait tellement. Vous saviez qu’elle seule avait décidé de ne pas quitter le nid après sa majorité ?

– Elle seule ?

– Oui ! Vos autres petites cousines, elles, étaient parties ! Vous n’étiez pas au courant ?

– Ah si ! Si, si ! Bien sûr que si, voyons…

Claire jeta un rapide coup d’œil embarrassé à Mathi qui était restée debout à côté de Jéremy. Coup d’œil auquel Mathi répondit par un haussement d’épaule en levant les yeux au ciel.

– À cette époque, elle était en école d’art. Si ma mémoire est bonne, elle voulait devenir graphiste pour des agences de publicité. Et moi, j’étudiais pour devenir vétérinaire. Après mes études, je voulais m’établir ici, me marier et créer une famille. Et le fait que Mathi projette aussi de rester dans le coin correspondait parfaitement à mes projets et mes envies. Et puis, quelque part, elle me complétait. Elle m’obligeait à sortir le nez de mes manuels d’étude, me bousculait dans ma routine, et j’adorais ça. Elle avait toujours envie de faire une activité alors que moi j’étais plutôt du genre casanier. Et puis, elle était tellement sociable et moi plutôt renfermé.

– Attendez mon père, vous êtes sûr qu’on parle bien de la même personne, là ?

– En entendant ces mots, Mathi regarda Claire comme si elle souhaitait lui lancer des couteaux.

– Absolument ! C’était un ange vous savez. Et forcément, quand elle est décédée, j’ai été très choqué. Sans elle, mes projets ne semblaient plus avoir de sens. J’étais perdu. J’étais orphelin et nu sans aucun refuge où m’abriter, aucune branche en vue à laquelle me raccrocher. Alors, j’ai stoppé mes études, j’ai pris mes économies avec moi et je suis parti en Inde, avec un copain d’école, pendant six mois. Nous avons d’abord passé un mois à nous balader un peu partout dans tout le pays. J’avais besoin de libérer mon esprit, de voir autre chose, de faire le vide en moi. Et puis, nous avons posé nos paquetages à Calcutta, au sein d’une mission, pour aider les pauvres des quartiers très défavorisés.

– C’est pas vrai ! Vous avez rencontré Mère Teresa ?

– Le père Julliard sourit avant de répondre…

– J’aurais bien aimé si elle n’était pas déjà morte elle aussi. Nous étions en 2002. Sainte Teresa est partie rejoindre le Seigneur en 1997.

– Ah oui, pardon ! C’est vrai. Je mélange un peu les dates parfois…

– Ce n’est pas grave, je vous rassure. Ça m’arrive aussi. Enfin, toujours est-il que j’ai eu une révélation à partir de Calcutta.

– Je vois… Être confronté à la misère, comme vous avez dû l’être, ça vous change un homme !

– À la misère ? Non, pas du tout. À l’Amour avec un grand A plutôt.

Claire se figea en entendant cela et retint sa respiration afin de permettre au prêtre de s’expliquer sans que rien, ni personne ne vienne le perturber. Mathi, perplexe, semblait, elle aussi, toute ouïe.

– Vous savez, c’est un voyage assez puissant que celui d’aller à la rencontre de vos pairs dans ce qu’ils ont de plus vrais, de plus sincères. Quand vous êtes entouré de gens qui n’ont rien, votre regard sur votre prochain ne peut pas être le même. Vous apprenez à le connaître avec le cœur. Les relations que vous tissez avec lui prennent une toute autre valeur. Il n’y a pas un riche en face d’un pauvre. Il n’y a pas non plus un bien-portant en face d’un impotent ou un lettré en face d’un illettré. Non. Il y a deux êtres humains qui se croisent et qui se donnent la main. Il y a deux âmes qui se connectent et qui vont partager ensemble quelque chose d’unique pour leur bien respectif et parfois même pour leur bien commun. Et de cette rencontre, dépouillée de tout artifice, dépourvue d’entraves, vous ressortez alors grandi. Vous retrouvez l’essentiel. Votre véritable chemin de vie se révèle et, bien sûr, il vous appelle. Alors évidemment, vous devez bien vous douter que j’ai fait un nombre incroyable de belles rencontres. Des hommes, des femmes et même des enfants vivant dans des conditions sanitaires inimaginables avec très peu de moyens et parfois rien. Croyez-vous vraiment qu’ils soient tous pour autant pauvres ? Parmi eux, j’ai rencontré les personnes les plus riches au monde. Des cœurs généreux prêts à vous donner le peu qu’ils possèdent se résumant parfois à une simple accolade, des êtres bons, des êtres sages avec une joie de vivre extraordinaire. C’est comme si leurs rires pourfendaient la misère. Comme si de l’ombre jaillissait la lumière. Et bien tout ça, voyez-vous, ça m’a révélé à moi-même. A cette envie de diffuser, à mon tour, cette lumière.

Le père Julliard marqua une pause devant le regard ébahi de Claire. Il lui sourit et tourna la tête vers la fenêtre la plus proche de lui en regardant les passants qui allaient et venaient dans la rue.

– Dans nos sociétés occidentales beaucoup de personnes confondent possessions et bien-être. Ils enchaînent leur bonheur à des considérations matérielles alors qu’ils n’en ont fondamentalement pas besoin. J’ai souhaité devenir prêtre pour reconnecter les gens entre eux et par conséquent aussi à Dieu. Vous comprenez, si Dieu nous a façonnés à son image, c’est que nous avons tous un peu de lui en nous. Nous avons de l’espoir à semer, de la joie à partager, de l’amour à recevoir et à donner. Mais beaucoup de nos semblables l’ont malheureusement oublié et parfois même réprimé parce qu’ils souffrent, ils ont de la peine ou ils sont en colère. Tandis que d’autres n’osent tout simplement pas le montrer par crainte d’être abusés ou moqués. Comme si, tous ces bienfaits étaient des faiblesses qu’il fallait honteusement masquer alors que ce sont les plus grandes forces et les plus beaux leviers dont l’humanité a été dotée. Ce sont les richesses les plus importantes que nous devons être fiers de posséder et que nous avons le devoir de déployer partout autour de nous autant que nous puissions le faire. En tout cas, c’est ça que j’ai choisi de faire. Voilà mon « histoire d’Amour » très chère petite cousine de Mathi. C’est mon vœu le plus cher et la raison pour laquelle j’ai choisi de laisser tomber mes études de vétérinaire pour entrer au séminaire.

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J’espère que ce passage vous a plu. Et j’espère aussi qu’il vous a fait du bien.

Une très joyeuse fête de Saint Valentin à toutes et tous. ❤

Des baisers.

StValentin_Humeurdemoutard

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